Charente : jugement attendu ce mardi dans l'affaire du cadmium à la Saft


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Des dizaines de salariés de la Saft à Nersac poursuivent leur employeur pour avoir été exposés au Cadmium, un métal toxique. Le jugement doit être rendu ce mardi. 

En première instance, le tribunal d'Angoulême avait condamné l'ex dirigeant du site de la Saft à Nersac à 3000 euros d'amende avec sursis pour mise en danger de la vie d'autrui L'entreprise, elle, avait écopé de 10 000 euros d'amende. Par ailleurs, seules 16 plaintes sur 74 avaient été jugées recevables. 

Pas suffisant selon les salariés qui avaient décidé de faire appel du jugement. Après un procès qui s'était tenu en décembre dernier à Bordeaux, le jugement est attendu ce mardi. 

Des réquisitions plus sévères qu'en première instance

A l'issue du procès en appel, le procureur général avait requis 30 000 euros d'amende, dont 10 000 avec sursis, à l'encontre de la Saft, et 3 mois de prison avec sursis contre l'ancien directeur, assortis d'une amende de 3000 euros. 

Reste à savoir si le tribunal de Bordeaux va suivre ces réquisitions. Il n'est pas à exclure qu'un recours en cassation soit déposé, quel que soit le jugement rendu aujourd'hui.

Un décès en septembre dernier

Pour rappel, les salariés accusent leur employeur de les avoir fait travailler sans les précautions nécessaires pour se protéger du Cadmium, un métal toxique. Entre 1974 et 1985, le produit était même manipulé sans aucune protection. 

Ce n'est qu'en 2003 qu'un protocole a été mis en place à Nersac, renforcé en 2011 par un investissement de 1,1 millions d'euros pour améliorer la sécurité. 

Selon l'avocate des parties civiles, depuis 2012, 82 salariés ont été considérés en inaptitude à cause du cadmium. Par ailleurs, un ex-employé s'était fait reconnaître un cancer comme maladie professionnelle. Bernard Lévêque, décédé en septembre dernier, est la première victime officielle du métal toxique