Finistère: mobilisation contre la centrale au gaz de Landivisiau


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Une vingtaine de personnes a manifesté mercredi devant le site de la future centrale au gaz de Landivisiau (Finistère), prévue pour sécuriser l'approvisionnement en électricité de la Bretagne, au moment où un nouveau recours contre le projet est examiné par le Conseil d'État.

"Cette centrale est inutile en Bretagne, où on a un fort potentiel en matière d'énergies renouvelables", a assuré à l'AFP Florent Laot, l'un des porte-parole de l'association "Landivisiau doit dire non à la centrale", regrettant que "l'État freine volontairement sur le renouvelable pour justifier ce projet".

"La centrale ne fonctionnera que par l'argent public, sans compter que les rejets polluants seront assez énormes", a-t-il ajouté, évoquant plus d'un million et demi de tonnes de CO2 rejeté dans l'atmosphère chaque année.

Les manifestants se sont réunis dans la matinée devant le site, un champs de 17 hectares aux portes de Landivisiau et cerclé depuis la nuit de lundi à mardi par des grilles métalliques. Plusieurs voitures de gendarmes étaient présentes, a constaté l'AFP.

Les opposants à la centrale manifestent quasi-quotidiennement depuis fin janvier et l'arrivée des premiers engins de chantier sur le site. A plusieurs reprises, ils ont empêché les ouvriers sur place de travailler.

Une pétition contre le projet totalisait mercredi sur le site change.org plus de 48.000 signatures.

Le Conseil d'État a examiné en début d'après-midi un recours, non suspensif, déposé par l'association environnementale "Force 5" contre l'arrêté signé en 2013 par la ministre de l'Écologie de l'époque, Delphine Batho, et autorisant Direct Énergie (Total) à exploiter la centrale. La décision sera rendue d'ici deux à trois semaines.

Dépourvue notamment de centrale nucléaire, la Bretagne ne produit qu'environ 10% à 15% du courant qui y est consommé. L'essentiel de son électricité doit être importé des régions voisines.

Pour remédier à cette situation, un Pacte électrique breton conclu en 2010 prévoyait de nouvelles sources de production d'électricité, dont la future centrale de Landivisiau, de 400 mégawatts et portée par Direct Énergie. Le projet a cependant pris beaucoup de retard: initialement la centrale devait être mise en service à l'hiver 2016-2017.

Les opposants se réunissent à nouveau ce jeudi matin devant le site de la future centrale.

 

(avec AFP)

Rédaction Alouette