Le député du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin quitte le groupe LREM


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Le député Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, a annoncé mercredi sa décision de quitter le groupe LREM, invoquant notamment des avancées insuffisantes sur les "enjeux climatiques, écologiques et sociaux", et critiquant "certains choix" du gouvernement.

Dans un mail adressé à ses collègues "marcheurs", dont l'AFP a obtenu copie, l'élu du Maine-et-Loire explique avoir "pris la décision de quitter le groupe parlementaire LREM" après avoir "fait tout (s)on possible" pour "porter haut l'écologie" depuis qu'il a rejoint En Marche en janvier 2017.

Figure des "marcheurs", M. Orphelin est resté discret jusqu'au bout sur son départ pour ne pas se faire rattraper par la manche. Il évoque "une décision lourde de sens". Celle-ci intervient cinq mois après le départ du gouvernement de Nicolas Hulot et au lendemain du vote sur le texte "anticasseurs" sur lequel il s'est abstenu comme 49 autres élus LREM, souvent issus de l'aile gauche.

Prenant "acte" de son choix, le patron du groupe Gilles Le Gendre a assuré que "plus que jamais" les "marcheurs" sont "mobilisés aux côtés du gouvernement pour réussir la transition écologique et solidaire", en souhaitant que "le grand débat national conduise à des décisions qui permettront de l'accélérer".

Tout en ne mésestimant "aucune des avancées obtenues depuis 20 mois", l'ex-porte-parole de la fondation Hulot (2012-2015) affirme dans son courriel que la majorité n'est "malheureusement au bon rythme sur aucun des grands chantiers de la transition", y voyant "un échec collectif". "Plus grave, nous ne nous donnons plus les moyens d'y être, ni de tenir nos engagements, prisonniers de logiques budgétaires et d'arbitrages politiques de court terme", déplore-t-il.

Le médiatique député de 46 ans critique aussi certains choix du gouvernement "contradictoires avec l'idée de plus de justice fiscale" et met en avant les sujets "non négociables" de la lutte contre les discriminations et du "respect des libertés fondamentales et des droits humains".

"Sur tout cela, depuis 20 mois à l'Assemblée, j'ai, avec tant d'entre vous, souvent alerté, travaillé et toujours proposé collectivement. Je ne regrette rien, car j'ai tout tenté", ajoute-t-il.

Matthieu Orphelin assure qu'il continuera à mettre "toute (s)on énergie" pour que le grand débat réussisse, mais prévient qu'"à son terme, seules des décisions historiques" permettront "qu'il apaise durablement le pays".

Ce départ va porter les effectifs du groupe LREM à 306, plusieurs élus ayant déjà fait défection depuis juin 2017.

Pour Bruno Questel (LREM), qui a appelé ses collègues à ne pas "oublier" d'où ils viennent, l'élu écologiste "n'était pas bien" depuis le départ de Nicolas Hulot, qui l'a mis "en difficulté d'exercer son mandat comme il l'entendait".

"Aura-t-il cette même voix à l'extérieur du groupe? J'en doute", s'est interrogée Bérangère Couillard (LREM), Erwan Balanant (MoDem) estimant aussi qu'il avait "plus de poids" au sein des "marcheurs".

"L'écologie a depuis longtemps quitté LREM", a grincé de son côté l'écologiste François-Michel Lambert, qui avait lui-même quitté le groupe en octobre.

 

(avec AFP)

Rédaction Alouette