NDDL : les opposants promettent une réaction forte en cas de tentative d'expulsion


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Dans un communiqué commun, plusieurs associations d'opposants historiques au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes promettent de ne pas se laisser faire en cas de tentative d'expulsion. Une réponse aux déclarations, la veille, de la préfète de Loire-Atlantique. 

Hier, la préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein, annonçait l'expulsion des occupants de la ZAD "refusant l'Etat de droit", à l'issue de la trêve hivernale, le 31 mars. 

La réponse des opposants ne s'est pas faite attendre. Dans un communiqué commun publié ce vendredi, plusieurs associations, dont l'ACIPA, le CéDpa, COPAIN 44 et la coordination des opposants, affirment que "toute tentative d'expulsion ferait l'objet d'une réaction forte et immédiate de l'ensemble du mouvement". 

Malgré les propos de Nicole Klein, qui assure que cette opération se fera "avec discernement" et ne visera que les personnes refusant de s'inscrire dans une démarche de régularisation, les opposants n'entendent pas céder de terrain. 

Concernant l'avenir des terres agricoles, les négociations s'annoncent tendue. Les adversaires de l'ex projet d'aéroport militent pour une gestion collective, type "Larzac". Pour les opposants, "c'est bien le mouvement qui a légitimité à prendre en charge ces terres". 

Le département de Loire-Atlantique, de son côté, souhaite la rétrocession de plus de 80% des terres de la zone pour en confier la gestion à la chambre d'agriculture. 

Un comité de pilotage sur l'avenir des terres a été créé. La première réunion se tiendra le 19 mars, sous la présidence de la préfète de Loire-Atlantique. 

 

Voici le communiqué publié ce vendredi par les opposants : 

 

Nous sommes seuls légitimes à prendre en charge l’avenir de la ZAD

Communiqué commun du mouvement – 8 mars 2018

Le mouvement contre l'aéroport et pour un avenir commun dans le bocage revendique sa légitimité à prendre en charge le territoire de la ZAD

L’abandon du projet d’aéroport est l’aboutissement d’une longue lutte soutenue activement par des dizaines de milliers de personnes. Le mouvement contre l’aéroport et pour un avenir commun dans le bocage est seul en mesure aujourd'hui de mettre en œuvre un projet cohérent pour ce territoire articulant la pérennisation des habitats, l’impulsion d’une dynamique agricole inédite et le soin apporté aux questions environnementales. Lui seul peut, pour reprendre les mots de la mission de médiation, porter un « terrain d’expérimentation de pratiques » dans un projet« spécifique, à fort enjeu », avec « un caractère très novateur ».

Depuis plusieurs mois, « l’Assemblée des Usages » rassemble le mouvement autour de la question de la prise en charge du territoire par celles et ceux qui l’ont sauvé de la destruction programmée. Elle a mandaté une délégation commune pour porter ce projet auprès des institutions. Le 28 février cette délégation était reçue en préfecture. Mais loin de marquer l’ouverture d’une négociation apaisée avec l’État, ce rendez-vous semble plutôt le début d’un long bras de fer sur l’avenir de la ZAD. La feuille de route ministérielle que la préfète est en charge d’appliquer est en effet loin de nos attentes :

- La menace d’une opération d’expulsion au terme de la trêve hivernale est fermement maintenue. Alors même que la plupart des lieux de la ZAD ne sont pas légalement expulsables, nous réaffirmons que toute tentative d’expulsion ferait l’objet d’une réaction forte et immédiate de l'ensemble du mouvement.

- Le gouvernement ne voudrait pas d’une « solution type Larzac » et s’opposerait à « tout transfert massif de terres » vers une entité commune du mouvement. En proposant la signature individuelle de Conventions d’Occupation Précaire, il y a clairement volonté de morceler l’usage du territoire et le mouvement. Nous maintenons que c’est bien le mouvement qui a légitimité à prendre en charge ces terres d’une manière commune et cohérente.

- La préfecture crée un comité de pilotage sur les seuls enjeux agricoles de la ZAD sous l’égide de la DDTM, regroupant des organisations officielles agricoles, les élus des territoires concernés et quelques associations triées sur le volet. Nous soutenons que l'avenir de ce territoire ne peut être abordé que dans sa globalité, sûrement pas en sectorisant les enjeux. Et qu’on ne fera croire à personne que la chambre d’agriculture tiendra réellement compte des problématiques environnementales.

Nous réclamons donc l'ouverture rapide d'un vrai dialogue entre les représentants de l’État et notre délégation commune, pour lancer la mise en œuvre du projet, sur la base de nos propositions, seule façon de préparer un avenir serein sur le territoire de la ZAD. La première phase, qui suppose qu’il n’y ait pas d’expulsions, étant le gel de l'attribution conventionnelle de l'usage des terres pour 3 ans, et l'attribution du pilotage du territoire à l'entité représentative du mouvement. Pilotage que nous souhaitons en concertation avec l'ensemble des institutions concernées.

Les trente mille personnes présentes le 10 février dernier pour enraciner l'avenir de la ZAD, ainsi que de nombreuses organisations nationales, ont clairement exprimé leur engagement à défendre cette vision. Nous continuerons à construire et à déployer de nouvelles installations agricoles et de nouvelles activités sur les terres de la ZAD.

L’Assemblée du 6 mars et la délégation commune constituée de membres de l’ADECA, l’ACIPA, COPAIN 44, la Coordination des opposants, le CéDpa, les Naturalistes en lutte et des habitants de la ZAD.