Pro et anti bassines se mobilisent aujourd'hui en Deux-Sèvres


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Les partisans et les opposants au projet de création de 19 réserves d'eau sur le bassin de la Sèvre Niortaise et dans le marais poitevin se mobilisent ce dimanche. Deux rassemblements sont organisés à une trentaine de kilomètres de distance. 

D'un côté, les pro bassines, comprenant la Coop de l'eau des Deux-Sèvres, mais aussi la Chambre d'Agriculture, la FNSEA 79, les Jeunes Agriculteurs 79 et quelques coopératives. De l'autre, les antis, rassemblés dans le collectif "Bassines, non merci!".

Deux camps qui s'opposent sur ce projet d'une vingtaine de stockages d'eau géants, mais qui ont choisi ce dimanche 4 mars pour se mobiliser. 

"Apér'eau" contre "Marche des pigouilles"

A Prahecq, les partisans du projet invitent le public à un apéritif suivi d'un pique-nique. Après cet "Apér'eau", selon l'intitulé des organisateurs, viendra le temps des prises de parole et des débats. Puis, une visite d'une réserve d'eau sera proposée, avec pour objectif de montrer le fonctionnement de ce genre d'équipement. 

A une trentaine de kilomètres de là, les opposants au projet, eux, vont se réunir à Mauzé-sur-le-Mignon, une commune limitrophe de la Charente-Maritime. L'appel à la mobilisation a été lancé par le collectif "Bassines, non merci, qui réunit des associations environnementales ainsi que la fédération départementale de pêche ou des partis politiques comme la France Insoumise.

Pas de pique-nique cette fois, mais un marché de producteurs, un repas champêtre et une marche des "pigouilles", du nom de ce bâton que les participants sont invités à planter sur les berges du Mignon. Puis, un temps de prise de parole est, là-aussi, prévu. Plusieurs personnalités politiques, comme Yannick Jadot ou Delphine Batho, sont annoncées. Plusieurs élus régionaux écologistes venus des Landes ou du Pays Basque sont aussi attendus. 

C'est la deuxième fois que les opposants au projet se mobilisent. Le 11 novembre dernier, 1500 personnes s'étaient réunies à Amuré et avaient formé une chaîne humaine le long de la Sèvre Niortaise. Les organisateurs espèrent doubler ce chiffre ce dimanche. 

8,6 millions de mètres cube d'eau

Pour rappel, ce projet de bassines prévoit l'installation de 19 réserves (15 en Deux-Sèvres, 2 en Charente-Maritime et 2 dans la Vienne) pour un coût total estimé à 60 millions d'euros

Selon leur promoteur, ces bassines permettront d'éviter les prélèvements d'eau l'été pour les grandes cultures, alors que la ressource semble se raréfier. Les opposants, eux, font valoir que ces réserves ne se remplissent pas avec l'eau de pluie et pompent l'eau principalement dans les nappes phréatiques. 

En tout, le projet prévoit le stockage de 8,6 millions de mètres cube d'eau dans le bassin de la Sèvre Niortaise et le Marais Poitevin. 

L'affaire va maintenant peut-être se déplacer sur le terrain juridique. Les opposants ont lancé un appel aux dons pour engager un recours devant le tribunal administratif dans le but de faire annuler les arrêtés d'autorisation. Les maires de cinq communes des Deux-Sèvres ont par ailleurs refusé de délivrer les permis d'aménager

Un autre projet en Charente-Maritime

Cette mobilisation des opposants pourraient n'être que le début d'une lutte régionale. Un projet de création de 22 bassines est également en gestation en Charente-Maritime, sur le bassin de la Boutonne. 

Une enquête publique est en cours. Celle-ci s'achèvera le 16 mars. 

En attendant, trois réunions publiques sont organisées par les opposants à ce projet les 6, 8 et 14 mars à Aulnay, Tonnay-Boutonne et Saint-Jean-d'Angely.