Réforme du ferroviaire: les lignes SNCF Nantes-Tours-Lyon et Nantes-Bordeaux bientôt privatisées ?


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Objectif pour le gouvernement : tester la concurrence ferroviaire, avec des économies à la clé.

Les lignes Nantes-Tours-Lyon et Nantes-Bordeaux font partie des quelques "trains d'équilibre du territoire" (TET) subventionnés par l'Etat. Elles sont pour l'instant exploitées par la SNCF, comme l'immense majorité des autres lignes de trains français.

Conséquence de la réforme ferroviaire adoptée au printemps (qui elle-même traduit dans le droit français des directives européennes), les TET doivent comme les TER être progressivement ouverts à la concurrence à partir de décembre 2019.

Les autorités organisatrices, Etat et régions, devront passer des appels d'offre pour désigner de nouveaux exploitants, leurs réseaux étant divisés par lots. Au bout du compte, il pourront reconduire la SNCF, ou choisir un opérateur alternatif comme le français Transdev ou l'italien Trenitalia. Le voyageur, lui, n'aura pas le choix.

"La concurrence doit permettre d'apporter des nouveaux services, des démarches innovantes pour les voyageurs et de réduire peut-être les coûts (on l'espère quand même)" pour la collectivité qui subventionne les services ferroviaire, a-t-on expliqué au ministère des Transports.

"On ne cherche pas à sortir le sortant, l'objectif n'est pas de sortir la SNCF", a-t-on précisé. "Ça sera, d'une certaine façon, que le meilleur gagne!"

Les lignes Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux ont été choisies parce qu'ell viennent de bénéficier d'un renouvellement complet de leurs trains et que les travaux prévus sur les parcours devraient être achevés dans trois ans, a expliqué le ministère.

La première concerne 387.000 voyageurs par an avec deux allers-retours quotidiens, et la seconde 686.000 voyageurs avec trois allers-retours quotidiens, selon la SNCF.

Ces deux liaisons coûtent actuellement chaque année 25 millions d'euros à l'Etat. Elles seront proposées en un seul lot.

Dix trains par jour 

Le gouvernement doit publier dans les prochains jours un "avis de préinformation" officialisant cette démarche au Journal officiel de l'Union européenne, le lancement de l'appel d'offres proprement dit devant suivre au début 2020, selon le ministère des Transports.

"On dit aux entreprises ferroviaires: +préparez-vous, parce que dans un an, on vous donnera un cahier des charges précis auquel tous ceux qui voudront pourront répondre", a-t-on résumé de même source.

"Nous prenons acte de cette décision du gouvernement. Ce sont les suites logiques des annonces de l'Etat lors des travaux sur la réforme ferroviaire", a réagi la direction de la SNCF, interrogée par l'AFP.

Le groupe public "va bien sûr candidater, et (son) objectif sera non seulement de faire partie des entreprises retenues pour l'appel d'offres qui suivra, mais aussi bien sûr de le remporter", a-t-elle ajouté.

Mais s'il se félicite de ce que l"'Etat devient la première autorité organisatrice à s'engager dans le processus d'ouverture à la concurrence" codifié par la réforme ferroviaire adoptée l'an dernier, le ministère des Transports minimise aussi la portée de cette annonce.

"On va tester la température de l'eau avec un doigt", a-t-on précisé, notant que les deux liaisons concernées représentent dix trains par jour... sur 15.000 circulant en France.

"C'est compliqué de tout ouvrir en même temps. Pour l'autorité organisatrice, c'est un nouveau métier que de faire des appels d'offres, on apprend".

De fait, la SNCF devrait encore conserver pendant un certain temps l'exploitation des autres TET, qui regroupent également Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, Paris-Clermont et Bordeaux-Toulouse-Montpellier-Marseille, mais aussi Toulouse-Hendaye et deux lignes de trains de nuit.

La dernière convention en date qui lie la SNCF à l'Etat court sur la période 2016-2020. Le ministère des Transports n'était pas en mesure de dire mardi prochain quelle serait la durée de la suivante.

 

(Avec AFP)

 

Rédaction Alouette