À travers la France, des "convois de la liberté" s'organisent

10 février 2022 à 8h24 par Arnaud Laurenti

Plusieurs convois s'élanceront du Grand Ouest ce jeudi pour rallier Paris vendredi soir. Le Préfet de Police de Paris a pris ce jeudi un arrêté interdisant cette manifestation.

À travers la France, des "convois de la liberté" s'organisent
Crédit: Pixabay

Des milliers d'opposants au pass vaccinal annoncent sur les réseaux sociaux vouloir "rouler sur Paris" samedi dans le cadre d'une action citoyenne baptisée "convois de la liberté", inspirée par celle des routiers canadiens.

Dans les groupes Facebook et Telegram "Convoy France officiel", regroupant chacun environ 23 000 membres lundi, selon un décompte de l'AFP, ces militants tentent d'organiser une action nationale d'ampleur pour "le respect des libertés et des droits fondamentaux". Un groupe Facebook "Le convoi de la liberté" réunissait plus de 330 000 membres ce jeudi.

Six convois de co-voiturage ou de particuliers à bord de leurs propres véhicules sont annoncés dès mercredi au départ notamment de Bayonne, Nice, Strasbourg ou encore Cherbourg.

En Bretagne, des convois s'élanceront de Morlaix et Quimper pour traverser la région avant de rejoindre Laval puis de rallier Le Mans. Un autre convoi quittera Nantes vendredi pour rejoindre Angers.

Plus au sud, le convoi parti de Bayonne doit rallier Bordeaux ce jeudi, avant de gagner La Rochelle, Angoulême, Niort, Poitiers puis Tours.

Ces manifestants doivent rallier Paris vendredi dans la soirée, sans qu'aucun lieu précis de regroupement ne soit mentionné. Certains appellent ensuite à rejoindre Bruxelles pour une "convergence européenne" le lundi 14 février.

 

Des blocages à prévoir ?

S'agit-il d'une action de blocage à proprement parler ? "Chacun est libre", mais Convoy France n'appelle pas directement à une action de regroupement ou de blocage, a insisté dimanche dans un tchat vidéo Marisa, porte-parole de ce nouveau mouvement.

"Cette initiative est prise au sérieux par les autorités", a indiqué à l'AFP une source policière qui annonce "des dispositifs de vigilance".

"L'évaluation de la menace potentielle fait cependant encore l'objet d'analyses par les services de renseignement, compte tenu du contexte électoral et de la volonté de jouer le mimétisme avec le mouvement canadien", a ajouté cette source.

Lundi matin, un premier convoi d'une trentaine de manifestants qui tentait de rejoindre la capitale à bord de leurs véhicules a été intercepté entre l'Essonne et la Seine-et-Marne "dans le calme", par les forces de l'ordre, a appris l'AFP.

Sur les tchats consultés par l'AFP quelques messages mentionnaient des actions possibles, notamment sur le périphérique parisien.

Mais la majorité des participants proposaient plutôt des moments de convivialité à travers une distribution de repas ou de l'hébergement sur la route.

Ce jeudi, la préfecture de Police de Paris a pris un arrêté interdisant cette manifestation.

Inspiration canadienne

Au Canada, un mouvement de contestation initié par des camionneurs, pour qui le vaccin est obligatoire afin de traverser la frontière avec les États-Unis, paralyse depuis plus d'une semaine la capitale Ottawa.

En France, la plupart des participants à cette déclinaison française du mouvement sont proches des mobilisations des "gilets jaunes" et veulent trouver "une nouvelle manière d'exprimer leur ras-le-bol général", au-delà des manifestations locales, a indiqué à l'AFP un organisateur qui a requis l'anonymat.

Mais il ne s'agit pas d'une mobilisation des chauffeurs routiers, a insisté cette source.

Deux syndicats du secteur du transport routier, FO et la CFTC ont confirmé à l'AFP n'être aucunement associés à ce mouvement.

 

(avec AFP)