"34°C à l’intérieur, c’est intenable" : dans la ville la plus chaude de Bretagne, la semaine a été longue

Publié : 5h44 par
Adrien Michaud - Journaliste

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La Bretagne vient de vivre un épisode caniculaire exceptionnel. Jamais il n’avait fait aussi chaud dans la région. Par endroits, le mercure a dépassé les 42°C, comme à La Noë-Blanche en Ille-et-Vilaine. Mardi 23 juin, la commune est même devenue la plus chaude de l’histoire du territoire.

La Noë-Blanche, en Ille-et-Vilaine, a suffoqué cette semaine.
La Noë-Blanche, en Ille-et-Vilaine, a suffoqué cette semaine.
Crédit : Adrien Michaud

La Bretagne vient de vivre quatre jours historiques. Dans cette région, jamais il n’a fait aussi chaud qu’entre le 22 et le 25 juin, et une commune bretonne a battu tous les records : La Noë-Blanche. Lundi, il y a fait 41,4°C, puis 42,5°C mardi, 41°C mercredi et 41,5 jeudi. C’est simple, la température relevée mardi 23 juin a tout simplement été la plus haute jamais recensée dans l’histoire de la Bretagne.

Ce jeudi 25 juin, il n’y a qu’à se balader sur place pour comprendre la situation. Tous les volets sont fermés, les passants rasent les murs en espérant trouver un peu d’ombres. Perdu pour perdu, d’autres ont abandonné et se baladent torse nu sous le soleil. À La Noë-Blanche en Ille-et-Vilaine, la semaine de canicule a été historique à bien des égards. "On vit les volets fermés. Le matin, j’ai 34°C à l’intérieur, c'est intenable. Là, on ne fait pas de gras", ironise Marylise qui habite dans la commune depuis 7 ans.

Marylise habitante de La Noë-Blanche

Intenable, horrible, invivable, ce sont des termes qui reviennent souvent au cours des discussions. Irrespirables aussi, comme dans le bar de Valérie Guyot. Posé sur le comptoir, un thermomètre affiche 35°C. "Et encore, quand je suis arrivé ce matin, je suis sûr que ça faisait plus de 40. Donc on fait ce qu'on peut, on donne de l'eau, les gens consomment beaucoup plus de limonade, mais surtout moins de bière", rigole la gérante depuis 8 ans du Nautal Café. Derrière son bar, elle garde le sourire, mais elle l’avoue : "Les nuits sont chaudes, le matin, on est claqués, et là, je suis en nage en deux secondes."

Valérie Guyot, gérante du bar Le Nautal Café
Dans le bar de Valérie Guyot, le mercure ne descend pas sous les 35°C.
Dans le bar de Valérie Guyot, le mercure ne descend pas sous les 35°C.
Crédit : Adrien Michaud

 

Difficile de faire cours

C’est toute une commune qui vit cet épisode de chaleur dans la douleur. "42,5°C, c’est incroyable, mais nous ne sommes pas très contents de ce record", relate Aline Letendre, enseignante et directrice adjointe de l’école primaire Sainte-Anne à La Noë-Blanche. Dans cette commune de 1 000 âmes, 70 élèves apprennent derrière les murs de cet établissement. Des murs qui ont tout simplement brûlé cette semaine.

Aline Letendre, enseignante et directrice adjointe de l’école primaire Sainte-Anne

"Dans les classes, il fait 34°C, et j'ai qu'un seul ventilateur. En termes d'apprentissage, c'est très compliqué. En plus, j'ai les plus jeunes, avec cette chaleur, ils ont soif, ils ont envie de dormir, ils sont fatigués, et l'énervement arrive très vite. Puis la problématique qu'on a, c'est que chaque jour, on a un ou deux degrés de plus dans nos salles de classe et on n'arrive pas à rafraîchir puisque l'école n'est pas ouverte la nuit. Bref, ce n’est pas vivable."

La solution est donc de faire classe dehors à l’ombre, et seulement jusqu’à midi. Puis l’après-midi, c’est "service minimum, on fonctionne plus comme une garderie pour les 5 élèves que les parents ne peuvent vraiment pas récupérer", explique la directrice adjointe.

 

À La Noë-Blanche, les élèves sont obligés de longer les murs pour chercher de la "fraîcheur".
À La Noë-Blanche, les élèves sont obligés de longer les murs pour chercher de la "fraîcheur".
Crédit : Adrien Michaud

 

Ainsi, dans la cour de cette école primaire, entre deux coups de brumisateurs et des tirs de pistolet à eau, les élèves ne cachent pas leur fatigue. "C'est insupportable de vivre avec cette chaleur. C'est dur, j'ai mal à la tête tout le temps", dépeint Elena, 10 ans et en CM1. "Comme on n'arrive pas à travailler dedans, on est tout le temps dehors, mais à l’extérieur aussi il fait chaud, donc c’est compliqué", ajoute sa camarade Adélia, 11 ans.

De manière générale, à La Noë-Blanche, toutes et tous attendent avec impatience la baisse des températures. Ce vendredi 26 juin, le mercure ne devrait pas monter au-dessus des 32°C, presque un coup de froid.

Une semaine compliquée pour les élèves de l’école primaire Saint-Anne