Du jamais-vu depuis presque 20 ans, les chenilles processionnaires du chêne pullulent en Bretagne

Publié : 10h34 par
Adrien Michaud - Journaliste

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Face à la présence de nombreux foyers de chenilles processionnaires du chêne identifiés sur le territoire breton, l’Agence régionale de Santé (ARS) appelle à la vigilance, car la prolifération de cet insecte présente un risque sanitaire à ne pas sous-estimer.

Leur présence ces dernières semaines en en Bretagne est comparable à celle de 2007.
Leur présence ces dernières semaines en en Bretagne est comparable à celle de 2007.
Crédit : Illustration Envato - DR

Une telle prolifération n’avait plus été remarquée depuis 2007 en Bretagne, année de la dernière pullulation de cet insecte dans cette région. Selon les observations et les différents signalements, ce printemps 2026 est donc marqué par la très importante présence de nids de chenilles processionnaires du chêne. "Cette année est très supérieure aux années précédentes", dépeint l’Agence régionale de Santé bretonne.

 

Risques de conjonctivite, voire de cécité

La période de risque sanitaire est élevée entre le printemps et le milieu de l’été, lorsque les chenilles processionnaires du chêne sont présentes sur les arbres et dans leur environnement. Ces chenilles émettent, par milliers, des soies urticantes microscopiques, notamment en cas d’agression ou de stress. "Les poils urticants peuvent être transportés par le vent, s’accrocher à la peau ou aux vêtements. Ils peuvent provoquer des réactions plus ou moins virulentes selon la sensibilité chez l'être humain et les animaux", rapportent les autorités.

En cas de contact avec les poils de ces chenilles, les risques pour la santé peuvent être très graves. Par exemple, entre 1 et 4 heures après être entré en contact avec les yeux, une conjonctivite peut se développer. Et si les poils migrent vers les structures oculaires, les lésions peuvent être graves, voire, dans de rares cas, évoluer vers la cécité. En ce qui concerne les animaux domestiques, notamment les chiens, ils peuvent également être affectés après un contact avec les chenilles ou leurs nids.

Alors, pour limiter les risques d'exposition, l’ARS recommande : "de ne jamais toucher les chenilles, les nids ou les cocons ; d’éviter de stationner ou de pique-niquer sous les arbres infestés ; de surveiller particulièrement les jeunes enfants à proximité des zones concernées ; de tenir les animaux domestiques éloignés des secteurs infestés ; et de ne pas tenter de détruire soi-même les nids ou les chenilles".

 

Une lutte collective

Ainsi, la lutte contre la chenille processionnaire du chêne repose sur des actions coordonnées menées par les collectivités et les professionnels spécialisés. "Les interventions peuvent notamment inclure la destruction des nids, la suppression des pontes ou la mise en œuvre de traitements biologiques adaptés. Le traitement insecticide des chenilles doit systématiquement être couplé à une solution d’élimination, comme le brûlage par exemple", explique l’ARS, qui rappelle dans le même temps que "ces interventions doivent être réalisées par des professionnels et en l’absence de toute personne non protégée".

La lutte individuelle est généralement peu efficace face à ce type d'infestation et doit être évitée sans équipement ni compétence spécifique. Cependant, les autorités invitent les habitants à signaler toute présence suspecte de chenilles processionnaires du chêne sur le site de la FREDON Bretagne. "'Ces signalements contribuent à la détection précoce des foyers et à l'organisation des actions de gestion", conclut l’ARS Bretagne.