"Il faut agir" : le cri d’alerte des riverains motive une députée du Maine-et-Loire à durcir la loi concernant les "rave-parties"

Publié : 11h22 par
Lola Marteau - Journaliste

Lola Marteau vous informe chaque jour sur alouette.fr.

Ce jeudi 9 avril, la députée du Maine-et-Loire Laetitia Saint-Paul présente une proposition de loi à l’Assemblée nationale visant à durcir les sanctions encourues. Alouette l’a rencontrée.

Rave party
Rave party
Crédit : Archives

C’est un phénomène de plus en plus présent chaque année. Les "rave-parties " rassemblent des centaines voire des milliers d’amateurs de musique, le temps d’une fête "illégale" étendue sur plusieurs jours.

Entretien avec Laetitia Saint-Paul, députée du Maine-et-Loire à l’origine de la proposition de loi.

 

Pourquoi avoir voulu faire cette proposition de loi ?

Il y a à peu près une à deux rave-parties illégales par an organisées dans ma circonscription depuis 2020. Tous les acteurs locaux se sont tournés vers moi et m’ont dit "Maintenant madame la députée, il faut agir, il faut faire quelque chose, il y a un vide juridique, saisissez-vous du sujet !" Les riverains subissent plusieurs jours de bruits, sans que ça ne s’arrête. Le terrain est souvent occupé de façon illégale donc c’est d’une rare violence pour l’agriculteur. Et puisque leurs fêtes sont illégales il n’y a pas d’organisations donc c’est sur les collectivités territoriales que reposent le coût de l’acheminement, de la santé, de l’eau, des bennes à ordures. Au final, les victimes payent pour ce dont elles sont victimes !

 

Quel est le suivi judiciaire actuellement ?

Jusqu’à présent, les organisateurs risquent seulement une sanction allant jusqu’à 1 500 €. La sanction encourue est tellement faible qu’ils n’ont absolument aucun intérêt à entendre la voix des victimes. Le fait de durcir la loi permet à ceux que je représente de se faire entendre de la part des organisateurs. J’ai eu le père d’une victime décédée lors d’une fête illégale, au téléphone, ça n’a pas de sens de perdre un jeune dans ces circonstances. La liberté ne peut s’exercer qu’en responsabilité et là, c’est impossible de trouver des responsables puisque tout est illégal et qu’il n’y a pas d’organisateur identifié.  

 

Quelles sont les nouvelles mesures envisagées au sein de votre proposition ?

Ma proposition de loi cible vraiment les organisateurs. Je propose de punir de 6 mois d’emprisonnement et de 5 000 € d’amende le fait de contribuer de manière directe ou indirecte à la préparation, la mise en place ou le bon déroulement d’un rassemblement festif illégal. Je propose aussi de punir d’une amende le fait de participer à ce type de rassemblement jusqu’à 1 500 €. Le but idéalement, c’est d’encadrer pour ne pas avoir à réprimer. Nous espérons trouver des terrains dédiés, en sécurité, loin des habitations.

 

Si cette proposition de loi est adoptée, elle pourrait passer en procédure accélérée et être appliquée d’ici deux mois minimum.