Une source d’eau potable polluée par des pesticides : l’agglomération de La Rochelle porte plainte et suspecte un déversement

Publié : 9h08 par
Romane Hocquet - Journaliste

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C’est une démarche inédite. La communauté d’agglomération va porter plainte contre X pour atteinte à l’environnement. Des pesticides ont été détectés dans l’eau issue d’une station de captage. Les puits ont été déconnectés du réseau dans l'attente d'autres analyses prévues début octobre.

Eau du robinet
La station de pompage concernée alimentait près de 20 000 personnes en eau potable.
Crédit : Illustration Envato - DR

"Il n'y a pas de conséquences sanitaires majeures" : rassure Marc Maigné, vice-président de l'agglomération de La Rochelle en charge du développement durable. Une conférence de presse était organisée mercredi 23 septembre. La CDA a annoncé qu'elle allait porter plainte contre X pour atteinte à l'environnement.

Un captage d'eau potable a été contaminé par des pesticides. Les neuf puits de cette station de pompage alimente "environ 20 000 habitants", selon la collectivité, notamment du centre-ville de La Rochelle. Par précaution, ce captage d'eau a été déconnecté du réseau vendredi 18 septembre, même si l'agglomération assure que "la potabilité de l'eau n'est pas remise en cause."

 

Le captage a été déconnectée du réseau 

Début septembre, un contrôle de routine a révélé la présence de deux herbicides. L'un d'eux est de la famille des PFAS, bientôt interdits. Il a été détecté à 0,82 µg/L, au-dessus de "la limite de qualité" de 0,1 µg/L, mais "loin de la valeur sanitaire maximale à partir de laquelle il pourrait y avoir des effets sur la santé", a précisé à l’AFP Philippe Vansyngel, responsable du pôle eau de l’ex-région Poitou-Charentes à l’ARS Nouvelle-Aquitaine.

Des résidus de métolachlore ont aussi été détectés : c'est un dérivé d'herbicide, interdit depuis l'été 2024.

 

L'eau reste potable, pas d'effet sur la santé

Quelle est l'origine de cette pollution ? L'agglomération de La Rochelle n'a pas de réponse définitive à ce stade. "Ce sont deux molécules que nous n'avons pas l'habitude de voir. C'est pourquoi nous suspectons un déversement accidentel ou non", a expliqué Guillaume Krabal, vice-président de la CDA chargé de l'eau potable.

Une hypothèse partagée par Cédric Tranquard, le président de la Chambre d'Agriculture de Charente-Maritime. "Ce n'est pas la saison" pour utiliser ce type de produits

 

Un déversement accidentel ou volontaire ?

Le scénario d'un déversement est conforté aussi par le fait qu'il s'agisse d'un "pic de pollution" : les deux produits ont disparu des analyses suivantes. D'autres prélèvements seront réalisées début octobre, avant de réconnecter cette station de pompage au reste du réseau.

Les élus de la CDA plaident pour une interdiction des pesticides sur les aires d'alimentation des captages. C'est déjà le cas dans un autre puit, fermé en 2020 après une pollution accidentelle par un herbicide.

 

 

 

 

 

Avec AFP