Une fermeture "orchestrée" : le fabricant de madeleines Colibri baisse définitivement le rideau en Charente-Maritime

Publié : 13h42 par
Romane Hocquet - Journaliste

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L’usine était installée depuis 1896 à Pons, au sud de Saintes. Le groupe Roullier, propriétaire, déménage la production en Loire-Atlantique à compter de ce vendredi 30 octobre. Une soixantaine d’emplois sont supprimés. "De l'amertume et de la tristesse" pour la maire de la commune de Charente-Maritime qui soupçonne le groupe d'avoir orchestré cette fermeture.

Colibri
En novembre 2025, les salariés Colibri s'étaient mobilisés lors de l'annonce du projet de fermeture.
Crédit : Julien Batoux

Les dernières madeleines ont été préparées, cuites et emballées. Les lignes de production sont en cours de déménagement vers la Loire-Atlantique. Ce vendredi 30 octobre, l'usine Colibri de Pons en Charente-Maritime ferme définitivement ses portes après 130 ans d'existence.

Les salariés s'y attendaient. Paticeo, filiale du groupe Roullier propriétaire de Colibri, avait évoqué le projet d'une cessation totale d'activité il y un an, en octobre 2025. Depuis, la direction assurait chercher un repreneur pour le site... en vain. 

 

Les madeleines partent en Loire-Atlantique

La marque Colibri ne disparaît pas, mais les madeleines centenaires, avec leur coque en chocolat, seront désormais fabriquées dans une usine neuve de Derval, à une cinquantaine de kilomères au nord de Nantes.

Environ soixante emplois vont disparaître. Une perte pour Pons, commune de 4 300 habitants au sud de Saintes. "Beaucoup d'amertume et de tristesse", réagit la maire, Fabienne Dugas-Raveneau.

"On est d'autant plus triste que cela laisse une soixantaine de familles sur le carreau." Le club d'entreprises de Pons est mobilisé pour aider ces salariés à retrouver un emploi dans ce secteur explique la maire, qui compte sur la dynamique économique de son territoire. 

 

Les madeleines Colibri étaient produites à Pons (17) depuis 1896 (c) Maison Colibri

 

La maire de Pons dénonce la méthode Roullier

L'élue regrette toutefois la méthode du groupe Roullier et s'interroge sur sa volonté réelle de trouver un repreneur. La fermeture, "c'est quelque chose qui était orchestrée. Si le groupe Roullier avait fait les travaux sur le site de Pons plutôt que de construire une autre usine (ndlr : en Loire-Atlantique), il n'y aurait pas eu de problème."

 

Friche industrielle

Reste à savoir ce que va devenir le site de l'usine ? "On a des projets pour recréer de l'activité", indique Fabienne Dugas-Raveneau. D'après elle, le groupe Roullier en voudrait trois millions d'euros. "Évidemment, ça ne vaut pas le coup par rapport aux créations d'emplois et à l'activité, sans parler des travaux à faire." Si aucun accord n'est trouvé sur la vente du terrain, le site Colibri, aux portes du centre-ville, risque de se transformer en friche industrielle.