"Du fric pour les services publics" : des milliers de manifestants rassemblés dans l’Ouest en cette journée de mobilisation

Publié : 14h54 par Adrien Michaud et Laura Vergne

De Rennes à Angers, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées ce mardi 29 septembre. Une journée de manifestation pour peser sur le budget 2027 à l'appel d'une large intersyndicale, mais aussi pour protester contre le recul du pouvoir d'achat.

À Rennes, près de 6 000 personnes se sont réunies, esplanade Charles de Gaulle.
À Rennes, près de 6 000 personnes se sont réunies, esplanade Charles de Gaulle.
Crédit : Alouette DR | Adrien Michaud

Une journée de grève pour peser sur le budget. Les agents publics, mais pas seulement, ont manifesté, ce mardi partout en France, à l'appel d'une large intersyndicale, pour protester contre le recul de leur pouvoir d'achat, à deux jours de la présentation du projet de budget pour 2027.

À Rennes, près de 6 000 personnes se sont réunies, esplanade Charles de Gaulle. "Du fric pour les services publics", il s’agit l’un des slogans scandés par les protestataires présents dans la capitale de Bretagne. À Angers, plus de 2 000 personnes ont aussi donné de la voix. "Augmentation des salaires. Défense du service public", pouvait-on lire sur les pancartes.

À Angers, plus de 2 000 personnes ont aussi donné de la voix.

Des revendications communes

Dans les différents cortèges, du personnel hospitalier, beaucoup de lycéens, et des professeurs, comme Maëlle, enseignante dans un collège d’Ille-et-Vilaine. Elle était présente parmi les manifestants pour protester contre la dégradation des conditions d’apprentissage dans l’Éducation nationale.

"On se sent seuls et assez démunis. Les ordinateurs dysfonctionnent, on est obligé d'amener nous-mêmes nos crayons en cours pour écrire sur le tableau. Ce n’est pas possible de pouvoir faire notre métier correctement avec 30-33 élèves par classe. Nous, ce qu'on aimerait, c'est pouvoir être derrière chacun des élèves, vérifier qu'ils ont bien compris les acquis, être derrière eux pour les faire progresser. Et aujourd'hui, on ne peut pas. En fait, on est en train de se battre pour essayer juste déjà de gérer une classe de 30 élèves. À cause de ça, j'ai eu un an et demi de burn-out", décrit, désœuvrée, la professeure, venue avec des collègues dans le cortège.

Maëlle, enseignante dans un collège d’Ille-et-Vilaine

La gronde aussi dans les lycées

Parallèlement aux manifestations de la fonction publique, cette journée de mardi a été marquée par la poursuite des blocages de lycées, mouvement parti la semaine dernière d'établissements de banlieue parisienne. Depuis une semaine, des lycéens se mobilisent devant leurs établissements pour protester, notamment contre des classes et des emplois du temps surchargés ou encore l'absence de professeurs.

À Rennes, devant le lycée Bréquigny, plus grand établissement d'enseignement secondaire de Bretagne, la situation a été tendue avec une centaine de lycéens qui ont lancé des projectiles sur l'établissement, a constaté un vidéaste de l'AFP sur place.

Selon une source policière, "ça se tend à Bréquigny, qui est complètement bloqué, tout comme le lycée Jean Macé". "Tout ce qu'on demande, c'est des classes moins chargées, (…)  Une cantine plus saine, et un emploi du temps moins chargé", a expliqué Abdoulaye, 17 ans, devant le lycée Bréquigny.

Des revendications partagées par le corps enseignant. "C'est tout bonnement impossible de faire classe correctement lorsqu'on a 31 élèves. Les problèmes découlent surtout du manque de moyens. Il faut des recrutements de professeurs, et des ouvertures de classes pour que tous les enfants puissent avoir le même accès à l'éducation", raconte Clara, enseignante à Rennes, qui n’hésitera pas à retourner manifester, possiblement dès le 17 octobre prochain, pour faire entendre ses revendications.

Beaucoup d'enseignants sont venus protester contre la dégradation des conditions d’apprentissage.