À Limoges, l’hôtel de ville ravagé par les flammes : les habitants sidérés

Publié : 5h17 par Thierry Matonnat

Le toit s’est effondré, le beffroi a disparu et les deux tiers de la façade ont été détruits. Ce samedi 17 octobre, l’hôtel de ville de Limoges a été ravagé par un incendie en marge de la mobilisation nationale. Un bâtiment historique en grande partie perdu, des habitants sous le choc et une enquête criminelle ouverte : la soirée a viré au désastre.

Le beffroi de l'hôtel de ville de Limoges en flammes s'éffondre
Crédit : Facebook | Sébastien Duval SDIS87

Une catastrophe patrimoniale

À Limoges, l’hôtel de ville, édifice emblématique du XIXe siècle inauguré en 1883, a été ravagé par un incendie ce samedi en fin de manifestation. Le toit s’est effondré sur les étages inférieurs, le beffroi a cédé et une grande partie de la façade a disparu.

Sur place, des centaines de personnes ont assisté, impuissantes, à sa destruction. Entre colère et sidération, l’émotion était palpable.

"Ce soir c'est un monument qui brûle, mais c'est pas la République, la République, elle, elle tiendra", c’est ce qu’a déclaré Guillaume Guérin le maire (LR) de la ville très ému lors d’une conférence de presse dans les locaux de la Métropole. Entouré de nombreux élus de tous bords, il a assuré que tout serait fait pour assurer une continuité de service à la population.

 

Ouverture d'une enquête criminelle

Derrière le choc, une question s’impose : qui a mis le feu à la mairie ? Le parquet de Limoges a ouvert une enquête pour des faits criminels, a annoncé samedi soir la procureure de la République, Émilie Abrantes.

Les investigations ont été confiées à la division de la criminalité organisée et spécialisée de la police nationale de la Haute-Vienne. Les enquêteurs devront notamment identifier les personnes à l’origine de l’incendie et reconstituer les circonstances dans lesquelles le feu a été déclenché.

Plus de quinze personnes étaient en garde à vue hier soir dont certaines interpellations sont liées à des pillages de commerces, auxquels des mineurs auraient notamment participé. La procureure précise que plusieurs éléments restent à confirmer.

Le maire de Limoges prévient les auteurs : ils seront retrouvés et condamnés... Pécisant que toutes les caméras de Limoges n'ont pas été cassées...

 

Une journée de mobilisation qui dégénère

Environ 5 000 personnes ont participé à la manifestation organisée à Limoges dans le cadre de la journée nationale de mobilisation. Mais, en marge du rassemblement, la situation a basculé dans la violence.

Selon le préfet, plusieurs centaines de personnes présentes étaient des individus radicalisés et extrêmement violents. Les premiers affrontements ont éclaté près de l’autoroute, alors qu’une partie de la foule cherchait à y accéder. Les forces de l’ordre ont reçu de nombreux projectiles. Des automobilistes ont également été pris à partie et un pare-brise a été brisé.

Puis les violences se sont déplacées vers le centre-ville. Des individus ont brisé les vitres de l’hôtel de ville, pénétré à l’intérieur et mis le feu au bâtiment. La préfecture a également été prise pour cible. Plusieurs commerces ont été pillés.

Le bilan matériel est lourd : quatre voitures de la police nationale et deux véhicules de la police municipale ont été brûlés ou fortement endommagés.

 

Une volonté de tuer des policiers

L’incendie aurait pu avoir des conséquences humaines bien plus graves. Au moment où le feu a été déclenché, des élus, des policiers municipaux et des agents des services municipaux se trouvaient encore dans le bâtiment, a rappelé le préfet. Aucun blessé n’a été signalé.

Selon le maire, des policiers municipaux ont réussi à s'extraire de la mairie "au moment où ces barbares sont rentrés en leur expliquant qu'ils allaient les tuer". "Ce n'est pas de la bêtise, c'est de la haine, c'est de la haine du drapeau français (...) C'est la haine des institutions, c'est la haine des proviseurs de lycées, c'est la haine des flics, c'est la haine des élus, c'est la haine de tout ce qui incarne l'autorité. Ce n'est pas des petits délinquants qui ont fait ça, ce sont des gens très méthodiques", a martelé l'édile.

Très remonté, Guillaume Guérin met aussi en cause les moyens dont disposaient les forces de l’ordre pour faire face aux violences. Selon lui, les policiers nationaux n’avaient plus les ressources nécessaires pour contenir les groupes présents dans les rues. Le maire précise : "à partir de 15h30, les policiers nationaux n'avaient plus suffisamment de moyens de désencerclement".

 

Une marche des élus

Lors de la conférence de presse qui s'est tenue au siège de la communauté urbaine Limoges Métropole, Fabien Doucet, le maire de Panazol, a indiqué qu'"une marche des élus de la République sera organisée ce dimanche sur une commune de l'agglomération avec l'ensemble des maires de la communauté urbaine pour montrer leur soutien à la ville de Limoges".

Avec AFP