Un maire breton en garde à vue après la mort d’une habitante

Publié : 8h28 par
Adrien Michaud - Journaliste

Adrien Michaud vous informe en Bretagne, chaque jour de 6h à 10h, en direct sur Alouette.

À Plouasne, dans les Côtes-d’Armor, le maire et trois personnes ont été placés en garde à vue ce mardi 14 avril après la mort d’une administrée. Le 7 avril, de manière musclée, ils ont tenté d’interpeller une femme de 66 ans, dans le but de la faire hospitaliser.

À Plouasne, dans les Côtes-d’Armor, le maire a été placé en garde à vue après la mort d’une femme.
À Plouasne, dans les Côtes-d’Armor, le maire a été placé en garde à vue après la mort d’une femme.
Crédit : Capture d'écran | Google Maps

Elle est au centre de l’actualité depuis un mois. La commune de Plouasne, 1 7500 habitants, dans les Côtes-d’Armor, continue de faire parler d’elle. De façon originale, comme il y a trois semaines. Plouasne faisait partie des sept communes françaises avec une égalité des votes au second tour des municipales.

Ainsi, la victoire est allée à la liste dont la moyenne d'âge était la plus élevée, conformément au code électoral. C’est donc celle du présent maire, Michel Daugan, qui a remporté cette municipalité bretonne.

À contrario, cette fois Plouasne fait donc parler d’elle de manière plus tragique. En effet, son nouveau premier édile, a été placé avec trois autres personnes en garde à vue, ce mardi 14 avril, après des "violences volontaires ayant entraîné la mort" d'une sexagénaire lors d'une intervention le 7 avril, a annoncé le parquet de Saint-Malo.

 

Une intervention musclée

Ce mardi 7 avril, le maire et un conseiller municipal ont empêché la femme de 66 ans de regagner son domicile. Les deux hommes souhaitaient la "faire hospitaliser en psychiatrie, suite notamment aux troubles qu'elle aurait occasionnés à son voisinage", a précisé dans un communiqué le procureur de Saint-Malo, Fabrice Tremel, confirmant une information du Télégramme.

L’exploitation de plusieurs vidéos remises par un témoin a mis en évidence que "pendant 15 minutes, quatre personnes étaient intervenues physiquement, avec des degrés d’implication différents, pour contenir fermement la victime au sol en exerçant sur elle une pression", a-t-il ajouté.

La sexagénaire a eu également les jambes attachées "à l’aide d’une sangle et d’une corde apportées par deux d’entre eux". Deux autres élus sont "arrivés sur place pendant les faits, sans prêter assistance à la victime", selon le procureur.

La femme a cessé de respirer. Malgré les massages cardiaques du conseiller municipal et l'intervention des secours, elle a été déclarée décédée.

La corde et la sangle ayant servi à attacher les jambes de la victime ont été découvertes lors des perquisitions.

 

Le maire toujours en garde à vue dans la soirée

L'autopsie a conclu que les hypothèses "les plus susceptibles d'expliquer le décès" de cette femme retenaient "l'existence d'un lien" avec les faits subis par la victime. "Aucun arrêté municipal d'hospitalisation sous contrainte" n'a été pris à l'encontre de la sexagénaire et le certificat médical exigé pour établir un tel arrêté n'a "pas été préalablement délivré", a relevé Fabrice Tremel.

Une enquête a donc été ouverte pour "crimes d'arrestation arbitraire ayant entraîné la mort", "violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner", ainsi que "non-assistance à personne en danger".

Les quatre personnes placées en garde à vue ce mardi 14 avril sont le maire, Michel Daugan, un conseiller municipal et deux personnes qui sont "intervenues physiquement lors de l'agression". Selon Le Télégramme, ils y étaient encore dans la soirée de mardi.

 

 

 

 

Avec AFP