Morbihan : prison ferme pour un ancien gendarme reconnu coupable d'agressions sexuelles

Publié : 17h47 par
Fabienne Lacroix - Journaliste

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Le quinquagénaire, qui officiait comme inspecteur à l’enfance, avait comparu en avril pour des faits d’agressions et de harcèlement sexuel sur des jeunes femmes placées sous sa responsabilité. Il a été condamné à de la prison ferme.

Palais de justice Lorient
Le palais de justice de Lorient.
Crédit : Capture écran | Google maps

"Trop impliqué" : c’est ainsi que cet ancien gendarme, devenu inspecteur à l’enfance, avait tenté de justifier son comportement auprès des victimes, lors de son procès en avril dernier au tribunal correctionnel de Lorient (56).

Le prévenu a finalement été condamné ce lundi à quatre ans de prison pour des agressions sexuelles sur des jeunes femmes. Des faits commis entre 2014 et 2018.

Sa condamnation a été assortie d'un mandat de dépôt à délai différé.

 

Seul dans son bureau avec les victimes

 

L'ancien gendarme ne pourra pas entrer en contact pendant trois ans avec la principale plaignante et se voit interdit d’exercer toute activité salariée ou bénévole au contact régulier de mineurs pendant dix ans.

Le quinquagénaire accueillait des bénéficiaires de l'aide sociale à l'enfance seul dans son bureau. Il pouvait faire des réflexions sur leur physique, leur tenue ou leur éventuel copain, leur proposer d'aller boire un verre, leur faire des cadeaux, leur rendre visite au matin à leur appartement ou encore leur promettre, dans le cadre de l'aide sociale, une aide pécuniaire ou l'affectation d'un logement.

Les déclarations de ces six parties civiles - auxquelles se sont jointes deux éducatrices ainsi qu'une ex-compagne du prévenu, violentée - sont demeurées constantes tout au long de la procédure comme durant le procès.

 

Aucune "intension sexuelle ou de séduction"

A l'audience, l'ancien inspecteur n'avait pas reconnu les faits reprochés. Tout juste a-t-il regretté d'avoir créé "de l'anxiété et du mal-être" chez ces jeunes majeures.

Mais il affirme que, derrière cette "posture professionnelle pas adaptée", il n'y avait aucune "intention sexuelle ou de séduction".

La procureure de la République de Lorient, Laëtitia Mirande, avait pointé les caractères "sexiste, mensonger et manipulateur" du mis en cause.

Il devra verser 10.000 euros au titre du préjudice moral à la principale victime agressée, 3.800 euros à son ancienne compagne et un euro au conseil départemental du Morbihan, son ancien employeur, qui s'était constitué partie civile

(avec AFP)