Nantes : une professeure victime d'agression sexuelle et physique, le corps enseignant lance un ultimatum au ministre de l'Éducation

Publié : 9h49 par
Elouen Rouchy - Journaliste

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L'affaire n'avait pas été ébruitée avant ce mardi 1er septembre. Le 22 juin dernier, une enseignante du collège La Durantière de Nantes est agressée sexuellement et physiquement par un élève. Quelques jours plus tard, un courrier est envoyé au ministre de l'Éducation par le corps enseignant pour demander le classement de l'établissement en Réseau d'Education Prioritaire (Rep+). Sans nouvelles depuis deux mois, le personnel donne une semaine au ministre pour répondre à leur demande, sans quoi il se mettra en grève dès mardi prochain, le 8 septembre.

L'équipe enseignante de La Durantière demande le classement de l'établissement en Rep+
L'équipe enseignante de La Durantière demande le classement de l'établissement en Rep+
Crédit : Alouette DR

C'est volontairement que la victime n'avait pas voulu faire parler de l'affaire, pour éviter que "cela nuise à son activité pédagogique" rapporte Sylvain Marange, enseignant au sein du collège et co-secrétaire du syndicat Snes-FSU. Pourtant, les faits sont d'une extrême gravité. Le 22 juin dernier, alors que la professeure se trouve seule dans sa salle de classe, un élève la rejoint. "Il s'est alors avancé vers le bureau où elle travaillait avant de lui empoigner et de lui pétrir la poitrine. L'enseignante s'est alors levée pour se débattre et appeler à l'aide. L'élève lui a alors passé le bras autour du cou et l'a contrainte à baisser le buste et la tête sur le bureau en l'immobilisant", nous explique Amélie de Schepper, professeure d'histoire-géo au sein de l'établissement. La victime parvient finalement à se dégager et emmène immédiatement l'élève dans le bureau de la direction. Quelques jours plus tard, il est renvoyé définitivement de l'établissement. L'enseignante, elle, s'est vu notifier 10 jours d'ITT. Elle était de retour en classe ce mardi 1er septembre pour la rentrée.

 

Une semaine pour classer le collège en Rep+

Le 3 juillet, l'équipe enseignante de l'établissement a envoyé un courrier au ministère de l'Éducation pour faire part de la gravité de la situation à La Durantière, demander le classement de l'établissement en Rep+, ainsi que de recevoir la victime. Sans réponse, elle a donc décidé de rendre l'affaire publique ce mardi 1er septembre et de poser un ultimatum : "le ministère a une semaine pour répondre favorablement au classement du collège en réseau d'éducation prioritaire", indique Sylvain Marange. Passé ce délai, un préavis de grève a déjà été déposé pour mardi prochain et jusqu'à fin septembre.

 

"On n'arrive plus à faire réussir les élèves qui réussiraient dans de meilleures conditions"

Le réseau d'éducation prioritaire a son importance pour ce genre d'établissement sensible, car il est synonyme de moyens financiers et humains supplémentaire. "On a bien conscience que le placement en REP+ n'aurait pas forcément évité cette agression" rappelle Amélie de Schepper. "En revanche, il nous donnerait la possibilité d'avoir des enseignants en plus, ce qui serait quelque chose d'extrêmement précieux. Nous sommes actuellement dans une hypervigilance épuisante..."

Amélie de Schepper, professeure d'histoire-géo, au micro d'Alouette

6 ans que le personnel réclame le classement en Rep+

"On y croyait vraiment l'année dernière, tous les voyants étaient au vert vu que la demande était soutenue par la rectrice et les élus de la circonscription", indique Sylvain Marange. Mais elle n'a finalement pas abouti. Mais avec cette agression et l'ultimatum posé par le corps enseignant du collège, les choses vont peut-être changer. "Moi j'y crois", nous assure Amélie de Schepper. "Je sais que tous les services regardent La Durantière et connaissent nos difficultés. Je sais qu'on est soutenu par les autorités, notre hiérarchie, mais aussi par les élus et les parents d'élèves. On y croit, il y a encore une possibilité de nous permettre de faire une rentrée dans les meilleures conditions possibles et de faire réussir nos élèves !"

Amélie de Schepper, au micro d'Alouette

Le personnel a donc donné une semaine au ministre pour répondre favorablement à la demande. Dans le cas contraire, il se mettra en grève à partir du mardi 8 septembre