A 71 ans, Angela Davis se mue à Nantes en icône des jeunes

13 mai 2015 à 12h27 par Rédaction Alouette

ALOUETTE

Une "ic�ne" qui "a continu� le combat sans perdre espoir", une "l�gende vivante": la visite de trois jours � Nantes de la militante anti-raciste am�ricaine Angela Davis a surtout fait le bonheur des jeunes, exhort�s par l'ex-Black Panther de 71 ans � "se mobiliser".

"Angela Davis? C'est une ic�ne ! D�j� se dire qu'elle est partie en prison pour un meurtre qu'elle n'a pas commis et qu'elle a continu� le combat sans perdre espoir", r�sume Salamata, 21 ans, "tr�s excit�e" apr�s sa rencontre avec son idole, qu'elle "n'oubliera pas".

"C'est une l�gende vivante, la derni�re � pouvoir nous parler de la lutte pour les droits civiques, comme Malcolm X et Martin Luther King sont morts. Angela Davis, ce n'est pas donn� � tout le monde de la voir, et elle s'est d�plac�e pour nous, pour nous dire de nous bouger et de ne pas baisser les bras", ajoute la jeune fille, �tudiante � l'Ecole de la deuxi�me chance.

Invit�e d'honneur de la ville de Nantes, � l'occasion de la comm�moration de l'abolition de l'esclavage dans le premier port n�grier fran�ais, Angela Davis, ic�ne politique des ann�es 1970, a encha�n� les rencontres avec des lyc�ens et des �tudiants, d�ambulant avec eux dans les salles du ch�teau des ducs de Bretagne consacr�es � la traite des esclaves ou dans le M�morial de l'abolition, �rig� en 2011 sur les bords de la Loire.

Dans ces lieux charg�s d'histoire, ou devant un public garni venu l'entendre �voquer le syst�me carc�ral am�ricain et ses liens avec l'esclavage, entre deux cohues provoqu�es par ceux qui cherchent � se faire prendre en photo avec leur idole, la militante des droits civiques, f�ministe et anti-raciste, a distill� le m�me message : "Mobilisez-vous!".

 

- 'Les gens se sont donn� la main' -

 

Sans un "immense mouvement de solidarit� qui s'est �tir� dans chaque partie de la plan�te", a rappel� Angela Davis, elle n'aurait pas �t� acquitt�e, en 1972, deux ans apr�s avoir �t� arr�t�e et traqu�e par le FBI qui la soup�onnait d'�tre li�e � une prise d'otages dans un tribunal qui s'�tait sold�e notamment par la mort d'un juge californien.

Et cette campagne de mobilisation mondiale avait �t� crÈe "sans l'aide de technologies de communication sophistiqu�es", � une �poque o� "on �crivait des lettres envoy�es par la poste, vous ne pouvez pas imaginer �a, vous", a-t-elle lanc� � l'assistance, un grand sourire aux l�vres.

M�me avec les instruments de communication disponibles aujourd'hui, "les r�seaux sociaux, Facebook et Twitter", il "ne s'agit pas seulement de se rendre � une manifestation et d'appeler les gens � participer, parce que les gens viennent un jour, ils se sentent bien ce jour-l�, puis ils rentrent � la maison", a expliqu� Angela Davis.

"Il faut �tre tenace", a-t-elle encourag�, saluant les manifestations contre "les violences polici�res racistes", � Ferguson et � Baltimore, et ces jeunes qui "refusent de rentrer � la maison", permettant une "prise de conscience" et "l'attention des m�dias".

"J'ai eu la chance de rencontrer certains de ces jeunes et (...) je ne pense pas avoir ressenti un tel engagement depuis les ann�es 60 peut-�tre", a soulign� la militante de longue date.

"Dans mon cas, nous avons gagn� seulement parce que les gens se sont donn� la main au-del� des fronti�res, partout dans le monde, et surtout ici en France", a insist� l'ancienne Black Panther lors d'une visite du M�morial de l'abolition de l'esclavage, se disant "r�ellement heureuse de transmettre ce message aupr�s des jeunes d'aujourd'hui".

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(AFP)