Covid-19 : de nombreux malades transférés vers les hôpitaux du Grand Ouest

15 mars 2021 à 9h58 par Arnaud Laurenti

La situation tendue en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France pousse le gouvernement à mettre en place des évacuations sanitaires afin de soulager les services de réanimations. La Bretagne, les Pays-de-la-Loire et la Nouvelle-Aquitaine, se préparent à accueillir des malades.

ALOUETTE
Crédit: SNCF

Face au risque de saturation en Ile-de-France, l'exécutif veut accélérer les évacuations sanitaires. Après trois personnes samedi et trois dimanche, six par jour seront évacuées par voie aérienne à partir de lundi, a annoncé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal depuis le tarmac de l'aéroport d'Orly d'où un avion sanitaire partait vers Bordeaux.

Opération "chardons"

Et une "opération plus massive" sera organisée en fin de semaine par TGV médicalisés, a-t-il ajouté, estimant à une centaine au total le nombre d'évacuations sanitaires depuis l'Ile-de-France la semaine prochaine, principalement vers les Pays de la Loire, la Nouvelle Aquitaine et l'Occitanie.

Cette opération "chardons" s'ajoutera aux 175 transferts effectués en France depuis fin janvier, pour un total de 1 000 depuis le début de l'épidémie, a précisé le directeur général de la Santé Jérôme Salomon sur BFMTV.

Saluant les évacuations, le chef des urgences de l'hôpital Avicenne de Bobigny Frédéric Adnet s'est inquiété de leur mise en oeuvre vu les difficultés logistiques et le consentement nécessaire des familles. "Il n'est pas complètement évident qu'on arrive à cet objectif", a-t-il réagi sur BFMTV.

Pour d'autres médecins, ces transferts ne sont pas suffisants pour réellement relâcher la pression.

L'inquiétude touche aussi les régions d'accueil. "Les capacités du CHU de Bordeaux en terme de réanimation sont relativement limitées car 90% des places sont occupées", a souligné dimanche le Dr Laurent Petit, chef de l'unité de réanimation chirurgicale de l'établissement où sont arrivés deux patients évacués dimanche de Seine-et-Marne.

Accélération de la vaccination

Concernant la politique de territorialisation des mesures face à l'épidémie, le président de l'Association des maires de France François Baroin a souhaité dans Le Parisien Dimanche voir confier aux maires le soin de "décider des modalités d'un reconfinement éventuel" ou du "couvre-feu".

À Toulouse, grâce à une "baisse significative" du taux d'incidence, le préfet et le maire ont "décidé de ne pas reconduire la fermeture" de certains lieux en bord de Garonne très prisés des habitants. Interdits au public depuis le 28 février, ils rouvrent donc ce lundi.

Pour éviter un nouveau confinement, l'exécutif mise aussi sur l'accélération de la vaccination.

Plus de 5 millions de personnes ont désormais reçu une première injection, dont plus de 2 millions ces deux dernières semaines, et 2,2 millions ont reçu leurs deux doses.

Mais le gouvernement craint les retards de livraison, notamment du vaccin d'AstraZeneca, dont la responsabilité est "engagée" a jugé dimanche la ministre déléguée chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher, se disant "très en colère".

Ce vaccin suscite en plus le doute après sa suspension par plusieurs pays en raison de craintes d'effets secondaires néfastes.

Alors que le Premier ministre espère dépasser les 10 millions de vaccination au 15 avril, un quatrième vaccin, celui de Johnson & Johnson qui a reçu son autorisation cette semaine et qui ne nécessite qu'une dose, devrait participer à la massification de la campagne. L'arrivée des premières doses est prévue à partir de la mi-avril en Europe.

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a lui martelé dimanche son opposition, en cas de reconfinement, à une fermeture des écoles. "L'école est la dernière chose à fermer", insiste-t-il dans le Parisien, évoquant toutefois l'hypothèse d'une fermeture des cantines.

(avec AFP)