Nantes : reprendre une entreprise en pleine pandémie, c'est possible !

14 mars 2021 à 7h00 par Alexandrine DOUET

Malgré le contexte économique incertain, Marie Marsais Bourdel a choisi de reprendre l'entreprise familiale, le magasin nantais "Anamorphose", spécialisé dans le vente de pianos.

ALOUETTE
Crédit: Anamorphose - L'Espace Nantais du Piano

Après avoir travaillé pendant quinze ans aux côté de ses parents, qui eux ont décidé de prendre une retraite bien méritée, Marie Marsais Bourdel a choisi de se lancer. Avec son associé Anthony, lui-même employé d'Anamorphose durant plusieurs années en tant qu'accordeur de pianos, elle a repris l'entreprise familiale qui fêtera son quarantième anniversaire en 2022. La passation repoussée à plusieurs reprises a finalement eu lieu en ce début d’année.

Est-ce que cette reprise de l’entreprise familiale était une évidence pour vous ?

Au départ, pas spécialement. Quand j’ai intégré l’entreprise familiale il y a quinze ans, c’était plus pour le côté marketing par rapport à mes études, et il y avait beaucoup de choses à faire : site internet, communication… Au fur et à mesure, je me suis impliquée un peu plus dans l’entreprise. Depuis 5 ans, je tenais davantage les rênes. Et puis, mes parents arrivant en retraite, ça m’a semblé comme une évidence mais pas toute seule parce que je ne suis pas technicienne. J’ai le côté marketing, le côté gestion, mais j’avais besoin de m’entourer de quelqu’un qui maîtrisait la technique. Notre accordeur, qui travaille avec nous depuis presque 3 ans, a bien voulu tenter l’aventure avec moi. Depuis un an, on travaille sur cette reprise pour que ça se fasse dans de bonnes conditions. Le contexte n’est pas toujours évident, on aurait dû reprendre un plus tôt, mais avec la Covid-19, c’était compliqué.

La période actuelle complique-t-elle cette reprise ?

On pensait que la période allait s’améliorer et c’est vrai qu’on a du mal à en voir le bout de cette période compliquée. On est dans une reprise, donc, on reprend l’ensemble des actifs du magasin, c’est-à-dire : on a les mêmes locaux, on a la même équipe, on a les mêmes clients et on rachète tout. Comme c’est une nouvelle entreprise, l’Etat considère que c’est quand même une création d’entreprise, ce qui signifie qu’en cas de reconfinement, les nouvelles entreprises ne sont pas aidées financièrement, du coup, on scrute les courbes en espérant ne pas être reconfinés car il faut quelques mois d’activité pour que l’Etat considère que l’entreprise peut être aidée, tout simplement.

Comment avez-vous vécu les confinements en 2020 ?

Les confinements ont été un peu différents. Le premier confinement, ça a été l’arrêt total, il y a juste l’accordeur qui a continué un tout petit peu en fin de confinement. Il n’y avait plus de livraisons, quasiment plus de service après-vente, le magasin était complétement fermé, donc, c’est vrai que ça a été assez inédit de fermer 2 mois le magasin. Heureusement, quand on a rouvert, on n’a jamais connu de période aussi intense, on a eu beaucoup de monde, on a très bien vendu à la reprise. En novembre, les livreurs avaient la possibilité de livrer les pianos qui avaient été vendus et l’accordeur était sur les routes, seul le magasin était fermé. On a fermé mais les ventes se sont décalées sur les autres mois. De manière générale, ça a été une très bonne année l’année dernière. Je pense que les gens se sont aussi refugié un petit peu dans la musique et le piano en particulier, on a eu beaucoup de demandes sur les accords et sur l’achat des pianos, beaucoup de gens se sont remis aussi au piano, les confinements ont donc été une bonne chose pour la pratique du piano.

Comment expliquez-vous cette très bonne année pour Anamorphose ?

On a fait une année normale alors qu’on a été fermés 3 mois, donc, c’est vrai que pour nous c’est assez étonnant. Les clients qui viennent au magasin nous disent qu’ils en profitent pour occuper les enfants, au lieu qu’ils soient sur leurs tablettes, ils préfèrent qu’ils jouent du piano. J’ai aussi des clients, un peu plus âgés, qui veulent aussi investir pour l’avenir et pour les générations futures en achetant un piano car un piano sera toujours un bon placement sur le très long terme.

Peut-on louer un piano avant de l’acheter ?

Oui, tout à fait. On fait beaucoup de locations surtout en septembre/octobre quand ce sont les enfants qui commencent le piano, mais de plus en plus aussi pour les adultes qui veulent s’y mettre. On donne la possibilité d’essayer pendant un an un piano, et au bout d’un an, soit on reprend le piano qui a servi de location si ça n’a pas fonctionné, soit ils ont la possibilité d’acheter le piano qu’ils ont essayé en déduisant tout ce qu’ils ont versé.

(Entretien retranscrit par Mikaël Le Gac)