Transat anglaise: "je ne suis jamais allé aussi loin physiquement" (Gabart)

11 mai 2016 à 8h02 par Rédaction Alouette

ALOUETTE

"Je ne suis jamais all� aussi loin physiquement", a affirm� Fran�ois Gabart � son arriv�e en vainqueur de la Transat anglaise mardi soir � New York, � la barre de son trimaran g�ant Macif, un plan VPLP de 30 m.

Gabart, 33 ans, a pass� la ligne d'arriv�e, au large de New York, � 18h24 locales (00h24 mercredi heure fran�aise), apr�s 8 j 8 h et 54 min de mer, � 23,11 noeuds de moyenne. A quelques minutes pr�s, il n'a pas battu le record �tabli en 2004 par Michel Desjoyeaux (8 j 8 h 29 min), sur un parcours il est vrai un peu plus court, avec une arriv�e � Boston.

"Je suis d�fonc�, d�calqu', a-t-il d�clar� apr�s avoir accost� � une marina de Brooklyn. "Aujourd'hui, j'ai pu me reposer un peu mais hier (lundi), je ne savais plus o� j'habitais. Je n'ai pas �t� dans un tel �tat de fatigue depuis tr�s longtemps, m�me pendant le Vend�e Globe" (2012-2013, qu'il a remport�, ndlr).

"Je commen�ais � avoir des +hallu+ (hallucinations) sonores, a ajout� Gabart, j'entendais la radio, des gens me parler. Je me disais 'non, non', pas maintenant, ce n'est pas possible, je ne veux pas, je ne veux pas, c'est interdit. Quand tu commences � entendre des voix, c'est que �a ne va pas tr�s bien".

"G�rer un bateau qui fait 30 m�tres, c'est dur physiquement, a-t-il soulign�. Je ne sais pas combien d'heures de manivelle j'ai fait au cours de cette travers�e. Ca ne s'arr�te jamais. Des moments difficiles, il y en a eu un paquet (...), il n'y a eu que �a. Ce sont des bateaux qui sont compliqu�s, il y a tellement de param�tres, de r�glages en termes d'�lectronique, d'informatique, il faut �tre capable de g�rer tout �a".

"Je ne me suis pas fait peur, a-t-il indiqu�, mais j'ai eu des moments o� j'ai senti que j'�tais � la limite, que je n'avais pas de marge". "Chaque fois que tu pars faire une course en solitaire, tu n'as pas d'autre choix que de te d�passer, de faire des choses que tu ne te croyais pas capable de faire et � chaque fois tu progresses".

"Le bateau a un potentiel extraordinaire. Les sensations de glisse que ces bateaux procurent sont juste extraordinaires, j'adore �a", a soulign� Gabart. "Je suis hyper fier de ce que j'ai fait pour ma premi�re course sur un bateau comme �a, j'ai pas fait de boulettes".

heg/jcc

(AFP)