Poitiers : obsédé par son ancienne professeure, il la kidnappe avant de la séquestrer

Publié : 15h03 par
Lola Marteau - Journaliste

Lola Marteau vous informe chaque jour sur alouette.fr.

Un "délire" obsessionnel a conduit un homme de 44 ans à espionner son ancienne professeure avant de la kidnapper. Ce mardi 3 novembre, les magistrats ont confirmé le renvoi de l’affaire devant la cour criminelle de Poitiers. Alouette fait le point.

Palais de Justice de Poitiers
Palais de Justice de Poitiers.
Crédit : Capture d'écran Google Maps

La justice a tranché : l’ancien élève sera bien jugé pour enlèvement et séquestration, violation de domicile et vol avec violence. Sa défense avait pourtant plaidé l’irresponsabilité pénale devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel.

 

Enlèvement et séquestration

Les faits se sont produits le 4 janvier 2023. Une enseignante a été kidnappée par un homme "extrêmement déterminé", selon ses propres mots.

L’homme de 44 ans s’est introduit au domicile de la victime avant de lui attacher les mains sous la menace d’une paire de ciseaux. Une fois ligotée, il l’a conduite au bord du Clain, dans un cabanon, avec une cagette sur la tête et des lunettes occultantes sur les yeux. Malgré ces conditions, l’ancienne enseignante a réussi à s’échapper alors qu’elle était seule.

 

Plusieurs intrusions au domicile de la victime

Le Rochelais est en réalité un ancien élève de l’enseignante. Il était interne au lycée Camille-Guérin, à Poitiers, où elle exerçait.

Très rapidement, la retraitée expliquera que ce n’est pas la première fois que l’individu se rend à son domicile.

Selon des experts psychiatres, il aurait développé un "délire" autour de la Poitevine après un échange avec elle qu’il aurait jugé décevant, en 2016. L’homme commence alors à s’introduire à plusieurs reprises chez la victime en son absence et fait même réaliser un double des clés.

 

Plusieurs expertises psychologiques menées

Lors de l’audience, le médecin entendu par la chambre de l’instruction a déclaré :

"Son comportement est basé sur des choses irrationnelles", avec un "envahissement psychique" vis-à-vis de la victime.

Plusieurs expertises psychologiques ont été réalisées pour comprendre les motivations de l’homme. La première révèle une altération des facultés mentales, tandis que la seconde met en avant un trouble de la personnalité et une abolition du discernement.

Lors de la troisième expertise, qui devait permettre de trancher, l’homme n’a pas souhaité se présenter. Elle a ainsi conclu à l’absence de trouble.

Après avoir estimé que la question de l’irresponsabilité pénale devait être davantage discutée, ce mardi 3 novembre les juges ont renvoyé l’affaire devant une cour criminelle. Une décision initialement demandée par le ministère public.