Un policier mis en examen à Tours, soupçonné d'avoir éborgné un lycéen avec un LBD

Publié : 8h56 par
Nicolas Mézil - Journaliste

Nicolas Mézil vous informe en Centre-Val de Loire, chaque jour de 6h à 10h, en direct sur Alouette.

Un policier a été mis en examen pour "violences aggravées" ce mardi 13 octobre et placé sous contrôle judiciaire après qu'un lycéen a été éborgné le 30 septembre en marge des manifestations lycéennes à Tours.

CRS dans une manifestation
Des violences avaient émaillé la manifestation du 30 septembre à Tours.
Crédit : Illustration Envato | DR

La procureure de la République de Tours a annoncé ce mardi soir la mise en examen d'un policier pour "violences aggravées", dans l'affaire Maël, du nom de ce lycéen éborgné le 30 septembre en marge d'une manifestation.

Le policier a également l'interdiction de porter et posséder un LBD (lanceur de balle de défense). Un autre policier est placé sous le statut de témoin assisté, selon le communiqué de Catherine Sorita-Minard.

Le 30 septembre, Maël, un lycéen de 16 ans, a été éborgné après des incidents survenus lors du blocage d'un établissement à Tours. La famille avait annoncé porter plainte pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique".

La procureure de Tours, Catherine Sorita-Minard, avait indiqué à la suite des examens médico-légaux, que les lésions à l’œil de l'adolescent étaient "compatibles avec l'impact d'une balle de défense de type LBD".

 

Deux tirs de LBD en une minute

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) avait été saisie. L'enquête a révélé que "deux tirs de LBD ont été réalisés à une minute d'intervalle par deux policiers", détaille la procureure.

Les actes d'enquête "mettent en évidence la concomitance du premier tir de LBD et la blessure occasionnée à l’œil" et "révèlent également des interrogations persistantes sur le respect des conditions imposées par la loi d'absolue nécessité et de stricte proportion pour faire usage de LBD", selon le communiqué.

Quatre fonctionnaires de police ont été entendus en garde à vue ce mardi 13 octobre.

 

Des circonstances à éclaircir

"Il est nécessaire à l'issue de ces auditions et de ces actes d'enquête, compte tenu de la complexité de ce type d'intervention de police, de continuer à travailler à éclaircir les circonstances" de ces tirs et des conditions dans lesquelles le jeune homme a été blessé, ajoute la procureure qui a ouvert une information judiciaire.

Plusieurs juges d’instruction ont été désignés. Les deux policiers ayant fait usage de LBD ont été présentés aux juges d'instruction en vue d'une mise en examen pour "violences aggravées". L'un a été mis en examen, l'autre placé sous statut de témoin assisté.

Les investigations vont se poursuivre.

 

 

 

 

 

 

Avec AFP