"Maintenir, développer, régénérer" en 2026 : la SNCF investit 265 millions d’euros en Loire-Atlantique et en Bretagne

Publié : 8h58 par
Adrien Michaud - Journaliste

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Ce jeudi 5 mars, la SNCF Réseau a dressé son bilan de l’année 2025 et s’est projetée sur les années à venir dans les deux régions. Elle va investir 265 millions d'euros pour moderniser et maintenir le niveau d’exigence sur les rails.

La SNCF Réseau a dressé son bilan 2025 et s’est projetée sur les années à venir en Bretagne.
La SNCF Réseau a dressé son bilan 2025 et s’est projetée sur les années à venir en Bretagne.
Crédit : Alouette DR | Adrien Michaud

Investir pour ne pas subir le dérèglement climatique. Ce jeudi 5 mars à Rennes, il s’agissait du credo de la SNCF Réseau. Face à la multiplication des tempêtes, inondations et autres intempéries, le gestionnaire du réseau ferré national, doit mettre toujours plus d’argent sur la table. Cette année, l’entité va investir 265 millions d'euros pour moderniser et maintenir le niveau d’exigence sur le rail breton, puis plus de 400 millions d’euros d’ici à 2027.

"On a lancé une démarche en 2024 de cartographier la vulnérabilité de notre réseau en Bretagne et en Pays de la Loire, face aux différents effets du réchauffement climatique. Et on va aboutir dans ce travail en fin du premier semestre 2026. On aura cette cartographie de vulnérabilité, mais on aura aussi une stratégie d'adaptation", raconte Frédéric Étève, directeur régional de SNCF Réseau.

Concrètement, dans ces lignes vulnérables déjà cartographiées, il y a le fameux train du "tire-bouchon". Cette ligne Auray-Quiberon passe sur un isthme, et avec la montée du niveau de la mer, elle va être très exposée aux vagues dans les prochaines années. Des travaux de renforcements et d’enrochements sont donc prévus après la saison estivale en septembre.

Frédéric Étève, directeur régional de SNCF Reseau

 

Toujours plus de passagers

Cet investissement massif a aussi pour but de répondre à une demande toujours croissante. Le train est un moyen de transport de plus en plus emprunté : par exemple depuis 2019, la fréquentation des rames bretonnes a bondi de 60%. Pour tenir la cadence, en 2027, 29 nouveaux TER seront positionnés sur l’axe nord, Brest-Lamballe-Dinan, mais pour ça, encore faut-il avoir de la place.

"Pour la partie sud et nord, on va faire avec le réseau existant. Ces trains, ils vont être mis là où les gens en ont besoin. Nous avons procédé comme ça depuis 2024, et on arrive à mettre entre 20 et 30 trains de plus sur ces deux lignes et ça reporte un vrai succès. À Rennes par contre, il a fallu mettre un nouveau système en place, avec le fait de mettre deux trains sur la même voie. Deux trains peuvent avoir des destinations différentes, mais ils partent sur le même quai. Il faut faire attention pour ne pas tromper, mais ça a été nécessaire pour répondre à la demande."

Frédéric Étève, directeur régional de SNCF Reseau

 

Champion des horloges

La Bretagne est aussi la région de France où les trains sont les plus ponctuels, 95% du temps, soit 19 trains sur 20 à l’heure en gare. Dans les 5% restant, ces retards sont parfois la faute des animaux. Avec l’augmentation du trafic ferroviaire en Bretagne, mais aussi l’augmentation des populations de sangliers par exemple, les chocs sont de plus en plus fréquents. Alors, pour "maintenir, développer, régénérer", comme le martèle le directeur régional, la SNCF Réseau innove.

"Dans les 5% de retards, 10% sont causés par un choc avec un animal. L'enjeu donc, c'est d'éviter et de prévenir ce genre de collision. Donc on a deux grandes manœuvres pour le faire. Soit la mise en place de clôtures, soit un nouveau système qui s'appelle l'effarouchement. C'est un système électronique tout nouveau qui détecte l'arrivée d'un train et qui va émettre des sons et de la lumière de telle manière que les sangliers ou les cerfs auront envie d'aller ailleurs plutôt que d'aller sur la voie ferrée", dépeint le directeur régional de SNCF Réseau.

Frédéric Étève, directeur régional de SNCF Reseau

 

Matériellement, dans la région bretonne, ce système va être mis en place sur la ligne Rennes-Redon, qui va jusqu'à Quimper, pour un coût de plus de 300 000€. Mais comme le rappelle Frédéric Étève : "La qualité du réseau en 2040 est fondée sur les investissements de maintenant. C’est ingrat, car ça met du temps, mais on ne peut pas faire autrement".

Frédéric Étève, directeur régional de SNCF Reseau.