"Réfléchir à un autre calendrier de surveillance des plages" : un maire de l’île de Ré réagit après les noyades de la canicule

Publié : 10h42 par
Romane Hocquet - Journaliste

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Après la canicule historique de juin et la série noire de noyades, un élu rhétais souhaite élargir la période de surveillance des plages. Les sauveteurs démarrent généralement la saison au 1er juillet jusqu'à la fin du mois d'août.

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En Charente-Maritime, près d'une soixantaine de plages sont surveillées par les pompiers et la SNSM.
Crédit : Alouette | M.L.G

74 décès par noyade depuis le 18 juin en France : c'est le lourd bilan annoncé samedi dernier par le ministre de l'Intérieur dans un entretien au quotidien Le Parisien. Des drames "survenues en grande partie sur des plans d'eau non autorisés, non surveillés", indique Laurent Nuñez. On compte - par exemple - trois noyades dans le Clain, à Poitiers, une zone où la baignade est interdite.

 

"Prolonger la surveillance jusqu'au 30 septembre"

Une série noire qui concerne aussi le littoral de Charente-Maritime, avec par exemple deux noyades, dont une mortelle le week-end du 13/14 juin. Un risque décuplé aussi par les baïnes : ces courants forts qui peuvent pousser brutalement les baigneurs vers le large. Le risque est maximal sur certaines plages du département ce mercredi 1er juillet : Grand-Village Plage, Saint-Georges-d'Oléron, Saint-Trojan, trois communes sur l'île d'Oléron, ainsi qu'aux Mathes et à la Tremblade, sur le continent.

Ces deux dernières semaines de juin, face aux températures suffocantes, les plages du département étaient bondées... mais non surveillées. C'est bien ça le problème, pour certains élus. La surveillance démarre au plus tôt fin juin, dans certains cas, comme pour 11 plages du littoral entre Meschers-sur-Gironde et Ronce-les-Bains, en passant par Royan. Sur l'île de Ré, c'est au 1er juillet, ou lors du premier week-end des vacances d'été. Chaque commune définit son calendrier de surveillance.

 

14 000 euros pour deux mois de surveillance

Ce qui est certain pour Patrice Raffarin, le maire de Rivedoux-Plage au pied du pont, c'est que le calendrier n'est plus adapté aux canicules précoces. "On se rend compte qu'avec le réchauffement climatique, on a une avant et une après saison qui peuvent être très chaudes." L'élu ne compte aucune noyade sur ses plages depuis le début de la saison. Toutefois, "il est de notre responsabilité de réfléchir à un autre calendrier de surveillance des plages", traditionnellement en juillet et août. 

En Charente-Maritime, une soixantaine de plages sont surveillées par les pompiers (SDIS) ou les sauveteurs de la SNSM. "J'aimerai, dès cette année, poser la question aux SDIS, pour prolonger la surveillance jusqu'au 15 ou au 30 septembre, pour mettre en sécurité les baigneurs."

 

Patrice Raffarin est le maire de Rivedoux-Plage, sur l'île de Ré | crédit  Alouette DT

 

"On peut le faire de manière ponctuelle"

Tout est une question de moyens humains, mais Patrice Raffarin a anticipé sa réponse : "On a souvent des étudiants qui se forment à la surveillance de plage. Leur rentrée n'est pas le 1er septembre, certainement plus tard. Cela serait une opportunité pour eux de travailler plus tôt et plus longtemps dans la saison, aussi d'un point de vue financier." Chaque été, environ 200 saisonniers sont sélectionnés par les sapeurs-pompiers.

Reste enfin à régler la question du budget : pour Rivedoux-Plage, le maire paie environ 13 000 euros à 14 000 euros pour ces deux mois de surveillance. Dans le journal Sud Ouest, le commandant Laurent Mignot, chargé des postes de secours de la Charente-Maritime, estime que 57 vies ont été sauvées l'été dernier dans le département. Sur l'extension de la saison de surveillance, "on peut le faire de manière ponctuelle, à la demande de quelques communes", précise le commandant.