"Elle a initié toutes mes envies de voile" : un mois avant le départ de la Route du Rhum, le marin Éric Péron se livre

Publié : 12h36 par Adrien Michaud et Mikaël Le Gac

La Route du Rhum 2026 partira le 1er novembre. Dans un mois, 118 marins vont s’élancer vers la Guadeloupe depuis Saint-Malo. Monument des courses au large, elle fait rêver les skippers, comme Éric Péron. Avant le départ, le marin quimpérois se confie.

La Route du Rhum 2026 partira le 1er novembre, et avant le départ, le marin quimpérois se confie.
La Route du Rhum 2026 partira le 1er novembre, et avant le départ, le marin quimpérois se confie.
Crédit : Mikaël Le Gac

Ils et elles partiront le 1er novembre à l’assaut de l’océan Atlantique. Dans un mois, 107 skippers et 11 skippeuses, un record, s’élanceront depuis Saint-Malo, en Ille-et-Vilaine, direction Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Avec le Vendée Globe ou encore la Transat Jacques Vabre, maintenant Transat Café l’Or, elle reste un monument des courses au large et fait rêver les skippers, comme Éric Péron.

Lors de la dernière édition, en 2022, le Quimpérois de 45 ans avait terminé 4e de la classe Ocean Fifty. Dans un mois, il s’élancera de nouveau, mais dans une nouvelle catégorie : la Vintage Multi, avec son trimaran Innovéo Océania hôtels. Une catégorie regroupant des multicoques anciens. Alors, pour le skipper breton, être inscrit de nouveau à la Route du Rhum, ce n’est pas rien.

 

Qu’est-ce que ça vous fait d’être de retour sur la Route du Rhum ?

C'est une course que j'affectionne, qui a clairement initié toutes mes envies de faire de la voile. C’est l’une des plus belles courses au large, donc il fallait y être. Quand je me revois gamin, à sept ou huit ans, et que je pense à la Route du Rhum, j’ai des souvenirs qui me viennent en tête, comme la victoire de Florence Artaud sur son beau bateau, ou encore après les exploits de Laurent Bourgnon. Tout ça, ça me passionnait. Puis ces bateaux, ils étaient tellement beaux. Ces trimarans assez fous qui ressemblent à des oiseaux. C’était une course qui a été très médiatique, du coup, petit, j’avais envie de devenir comme ces héros. Je pense qu'en tant que gamin, c'est ça qui m'a animé.

En plus, le chemin, il raconte quelque chose. La Route du Rhum, elle porte bien son nom : c’était la route des corsaires, du trafic maritime pendant des siècles. Puis il y a aussi les alizés, ou encore le fait que ça se passe en Atlantique Nord au début de l'hiver. Ça donne une course tonique, où il faut faire attention, car ça reste un océan à traverser. C'est tout ça qui fait que la Route du Rhum me plaît.

Éric Péron, skipper

 

Nouveau défi pour cette édition : après avoir concouru en Ocean Fifty, cette année vous êtes inscrit en Vintage Multi avec votre trimaran Innovéo Océania hôtels. Vous partez avec quelle idée derrière la tête ?

L'ambition, c'est d'arriver, et puis l'objectif, c'est de gagner. Dans cette catégorie vintage, j'ai un bateau dix ans plus jeune que celui de Damien Seguin ou encore Francis Joyon. Donc théoriquement, je pars un peu favori là-dessus. Après, ma préparation s'est déroulée un peu plus tard que les autres. Donc, le programme est assez chargé justement pour rattraper tout ça d’ici le départ.

 

Impatient d’en découdre ?

On compte les minutes ! Mais comme je viens de vous le dire, avant ce départ, j'ai encore des milles à faire et de grosses sessions d'entraînement. J'en profiterai pour tester tout ce qu’il est possible de tester dans des conditions un peu plus toniques, pour être suffisamment à l'aise le jour du départ. Il faut s'assurer que ça marche, même si, à si peu de temps du départ, on n'a pas trop envie de casser. Il faut trouver la bonne balance, et c'est toujours un peu délicat.

Le skipper Éric Péron a baptisé, fin septembre, son trimaran pour la Route du Rhum 2026.