Angers : il y a 10 ans, le drame du balcon effondré marquait la ville à tout jamais

Publié : 5h54 par
Joséphine Point - Journaliste - Coordinatrice des contenus web

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Triste anniversaire à Angers ce 15 octobre 2026. Il y a 10 ans jour pour jour, le balcon d'un immeuble du centre-ville s'effondrait et provoquait la mort de quatre jeunes.

L'immeuble Le Surcouf en 2016.
L'immeuble "Le Surcouf" en 2016.
Crédit : Capture d'écran | Google Maps

Un drame qui est encore dans toutes les têtes des Angevins. Le 15 octobre 2016, il y a exactement 10 ans, une soirée entre amis basculait dans l'horreur, au 25 rue Maillé.

 

Quatre personnes décédées

Ce soir du samedi 15 octobre 2016, un groupe d’amis participe à une pendaison de crémaillère dans un appartement de l'immeuble "Le Surcouf", dans le centre-ville d’Angers.

Vers 23h, alors que la soirée se déroule dans le calme et que les invités sont massés sur le balcon, ce dernier se décroche soudainement, entraînant dans le vide dix-huit personnes. Quatre d'entre elles, âgées de 18 à 25 ans, perdent la vie et les quatorze autres sont hospitalisées pour des blessures.

Situé au troisième étage de l'immeuble et donnant sur une cour intérieure, le balcon a entraîné sous son poids ceux des deux étages inférieurs, sur lesquels personne ne se trouvait à ce moment-là.

 

Des défauts de construction

Deux jours après le drame, le procureur de la République ouvre une information judiciaire contre X pour homicides et blessures involontaires.

En 2022, le rapport de deux experts nationaux de la construction pointe du doigt les défauts de construction de l'immeuble livré en 1998. En outre, les experts constatent que les travaux ont été menés sans respecter les plans de l'ingénieur béton, qui ont été conçus pour des balcons préfabriqués et non pour des balcons coulés sur place. Si ces plans avaient été suivis, le balcon aurait pu supporter 35 personnes, soit près de deux fois le nombre de victimes le soir du drame.

 

L'architecte et le conducteur de travaux condamnés

En mai 2022, le tribunal d'Angers condamne en première instance le patron de l'entreprise de maçonnerie qui avait construit l'immeuble ainsi que le chef de chantier et le contrôleur du bureau de vérification à de la prison avec sursis et des amendes.

En 2024, l'architecte de l'immeuble, Frédéric Rolland, est déclaré coupable de blessures et homicides involontaires par la cour d'appel d'Angers. Il est condamné à trois ans d'emprisonnement avec sursis et 30 000 euros d'amende. Le conducteur de travaux, Éric Morand, est quant à condamné à deux ans d'emprisonnement avec sursis et 1 500 euros d'amende.

Dans un premier temps, les deux hommes contestent leur condamnation et saisissent la Cour de cassation. En 2025, l'architecte se désiste. Le conducteur de travaux, lui, maintient son pourvoi en cassation. Dix ans après le drame, le processus judiciaire n'est toujours pas terminé.

 

 

 

 

 

Avec AFP