Cyanobactéries : quels sont les risques ?

9 août 2022 à 11h56 par Arnaud Laurenti

La chaleur et la baisse du niveau des eaux favorisent le développement des cyanobactéries. Ces dernières peuvent s'avérer dangereuses.

Cyanobactéries : quels sont les risques ?
Crédit: Alouette | DLB

Comme chaque été, les cyanobactéries ont fait leur retour dans les eaux dont le niveau a baissé en raison de la chaleur et de la sécheresse. Dans le Grand Ouest, de nombreux départements sont concernés et plusieurs préfectures ont pris des arrêtés interdisant la baignade.

Si toutes les cyanobactéries ne sont pas dangereuses, certaines présentes un risque pour l'homme comme pour les animaux.

 

Qu'est-ce que c'est ?

Parfois appelées "algues bleues", les cyanobactéries sont de petits organismes qui se développent par photosynthèse en captant la lumière du soleil et produisent notamment de la chlorophylle. C'est ce pigment qui entraîne les dépôts de couleur verte, parfois bleue voire grise sur les eaux où les bactéries prolifèrent.

Certaines cyanobactéries produisent des toxines qui peuvent s'avérer dangereuses sur le plan sanitaire.

Si elles sont naturellement présentes dans les eaux douces, les cyanobactéries se développent davantage lorsque les températures montent et que le niveau des eaux diminue.

 

Surveillance des autorités

Plusieurs départements ont mis en place la surveillance des étangs et cours d'eau. Dans le Maine-et-Loire, la préfecture distingue principalement deux types de bactéries :

  • les cyanobactéries planctoniques, qui se développent là où il y a de l’azote et du phosphore, qui créent localement des développements très abondants en surface rendant l’eau verte ou bleue. Leur concentration est notamment surveillée dans les eaux des captages d’eau potable et des baignades concernées par ce risque, pour les risques sanitaires qu’elles peuvent provoquer ;
  • les cyanobactéries benthiques, qui se développent sur le fond, dans des eaux claires, même avec un faible niveau de nutriments. Elles forment un biofilm qui se décolle et vient flotter à la surface ou s’accumuler sur les grèves sous forme d’amas noirâtres. Ce type de cyanobactéries produit des toxines dangereuses pour le système nerveux et hépatique. C’est lui qui a été à l’origine de l’intoxication et du décès de plusieurs chiens durant l’été 2017.

 

Quels symptômes ?

Au contact d'une eau contaminée, l'homme peut développer les symptômes suivants :

  • lors de contact avec l’eau : irritation de la peau, du nez, de la gorge, des yeux, apparition de boutons…
  • lors de l’ingestion de l’eau ou de poissons contaminés : maux de ventre, diarrhée, nausées, vomissements, tremblements, douleurs musculaires ou abdominales…

Chez les animaux, ces derniers peuvent développer les symptômes suivants : tremblements des pattes arrières, perte d’équilibre, état anxieux, nausées, yeux globuleux, bave…

En cas de symptômes, il est vivement conseillé de contacter son médecin traitant ou un vétérinaire pour son animal.

La préfecture du Maine-et-Loire partage notamment plusieurs documents de prévention : des questions/réponses sur les cyanobactéries, ainsi qu'une plaquette rappelant les précautions à prendre lors des balades.

 

Les gestes à adopter

La préfecture du Maine-et-Loire rappelle les comportements à adopter afin d’éviter les risques de contamination :

  • une surveillance étroite des enfants doit être assurée au bord de l’eau ;
  • une douche et un nettoyage du matériel soigneux sont indispensables après des activités nautiques ;
  • éviter de toucher tout objet ayant été en contact avec les algues sur les plages et grèves (cailloux, bois…) ;
  • empêcher animaux et bétail de se baigner ou de s’abreuver au niveau des zones d’accumulation des amas de cyanobactéries benthiques jusqu’à disparition du phénomène ;
  • pendant ces périodes, l’éviscération et l’étêtage des poissons (petite friture) est conseillée.

 

Pour rappel, la baignade est interdite dans la Loire en Maine-et-Loire, et elle est fortement déconseillée dans les autres cours d'eau du département. En Loire-Atlantique, la navigation de loisir est interdite sur l'Erdre sur une dizaine de kilomètres