À plus de 2 euros le litre d'essence, elle lâche sa voiture pour un cheval

Publié : 6h03 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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À La Tardière, en Vendée, Clara Chevalier a changé ses habitudes face à la flambée du carburant. Essence à plus de 2 euros le litre : pour ses trajets du quotidien, elle troque désormais sa voiture contre son cheval. Un choix économique devenu presque un mode de vie.

Clara Chevalier et son fils à cheval en Vendée
Clara Chevalier et son fils à cheval en Vendée
Crédit : Clara Chevalier

"Et si je prenais mon cheval ?" La question peut faire sourire. Elle est pourtant devenue très concrète pour Clara Chevalier, 35 ans, gérante des écuries de la Péralière, à La Tardière, en Vendée. Depuis deux semaines, elle a quasiment laissé sa voiture au garage. Pour aller à l'école, faire les courses ou passer à la pharmacie, elle se déplace désormais… à cheval. Le déclic ? Le prix du carburant. "Au moment où les prix ont dépassé les 2 euros, je me suis posé la question", explique-t-elle. À la pompe, le constat est brutal : un plein peut atteindre 120 euros, contre 80 à 90 euros auparavant.

"Ça fait quand même presque 30 euros d’écart", souligne-t-elle .

Alors elle fait ses comptes. Et la conclusion est inattendue :

"Entre l'entretien de la voiture et mon cheval, sur le long terme, le cheval me revient moins cher."

En deux semaines, elle estime avoir économisé environ 60 euros.

 

Des trajets du quotidien à cheval

Dans un rayon de 5 kilomètres, tout devient accessible autrement. La boulangerie, le tabac, la pharmacie, les courses… et même l’école. "C'est à dix minutes à cheval", précise-t-elle . Pour les trajets plus longs, comme Fontenay-le-Comte à une vingtaine de minutes en voiture, elle reprend le volant. Mais pour le reste, la selle a remplacé le siège conducteur. L’organisation s’adapte : sacoches accrochées à la selle, sacs à dos, et parfois un arrêt improvisé sur un coin d’herbe ou un parterre pour "garer" le cheval. Les courses prennent un peu plus de temps, environ 25 minutes aller-retour, mais le rythme change aussi.

"On passe par les chemins quand on peut, on trotte un peu… et en ville, on reste au pas", raconte-t-elle .

 

Le cheval comme lien social

Pour son fils de 4 ans, ces trajets sont loin d’être une contrainte. Bien au contraire.

"Ça lui fait des souvenirs. Il m’en reparle, il est content d’être à cheval avec maman", confie Clara Chevalier .

À l'école aussi, l’effet est immédiat. Les enfants s'approchent, observent, posent des questions. Les parents sourient. "Ça permet aux enfants de voir un vrai cheval, d’avoir un contact avec l’animal", explique-t-elle. Un simple trajet devient alors un moment partagé. Sur la route, l’ambiance change aussi.

"Les gens sont beaucoup plus cool. Ils s’arrêtent, ils nous disent bonjour", observe-t-elle .

Une différence nette avec la conduite classique, qu’elle juge plus tendue. "Un automobiliste en voiture est souvent plus agressif. Là, ça change complètement." Le cheval devient presque un médiateur. Un prétexte à la discussion. Un ralentisseur naturel dans un quotidien souvent pressé.

 

Et si ce n’était pas qu’une solution économique ?

Au départ, il s’agissait simplement de faire des économies. Mais l’expérience pourrait durer. Au fil des jours, le cheval ne remplace pas seulement la voiture. Il transforme le quotidien. Moins de vitesse. Plus de temps. Et surtout, plus de liens.

Dans cette commune vendéenne, à l’heure où le litre de carburant dépasse les 2 euros, Clara Chevalier a peut-être trouvé bien plus qu’une alternative.