Feu vert pour la création d'une porcherie de 1.200 porcs près du Lac de Vassivière
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Thierry Matonnat vous informe en Haute-Vienne et en Creuse, chaque jour de 6h à 10h, en direct sur Alouette.
Après plusieurs mois d’instruction et l’ajout de mesures environnementales renforcées, le préfet de la Creuse a donné son feu vert au projet de porcherie porté par le GAEC du Villard à proximité du lac de Vassivière. Une décision qui ne met toutefois pas fin à la contestation : élus locaux et opposants annoncent déjà des recours devant la justice administrative.
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Crédit : Facebook | Préfet de la Creuse
Lors d’une conférence de presse organisée hier, le préfet de la Creuse, Jean-Philippe Legueult, entouré de plusieurs responsables des services de l’État, a détaillé les différentes étapes ayant conduit à l’autorisation du projet de porcherie industrielle porté par le GAEC du Villard.
Déposé en février 2025 dans le cadre de la procédure d’enregistrement des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), le dossier avait d’abord fait l’objet de plusieurs observations de la part de l’administration. Face aux insuffisances relevées, le porteur de projet avait présenté une nouvelle version en décembre dernier, intégrant notamment une étude hydrogéologique et plusieurs modifications demandées par les services de l’État.
Le représentant de l’État a expliqué que sa "première préoccupation est l’environnement". C’est notamment pour cette raison qu’il a décidé de prolonger de deux mois supplémentaires le délai d’instruction initial afin d’approfondir l’analyse du dossier et d’imposer des mesures complémentaires destinées à limiter les impacts du projet.
Des contraintes environnementales plus strictes que la réglementation
Parmi les principales mesures imposées, cinq hectares ont été retirés du plan d’épandage. Ces parcelles étaient situées au plus près du lac de Vassivière ou dans des zones humides jugées particulièrement sensibles.
La capacité de stockage du lisier a également été revue à la hausse. Elle devra permettre de conserver l’équivalent de neuf mois et demi de déjections, alors que la réglementation impose un minimum de quatre mois.
Le plan d’épandage prévoit également des règles plus contraignantes concernant les apports sur les terres agricoles. Un délai de trois à cinq ans devra être respecté entre deux épandages sur une même parcelle et les concentrations dans les sols devront être réduites.
Les épandages seront par ailleurs interdits pendant la haute saison touristique, en juillet et en août, mais aussi les week-ends, les jours fériés, les veilles de jours fériés ainsi que lors des épisodes pluvieux.
Le préfet a rappelé que ces obligations viennent s’ajouter aux contrôles habituels exercés par les différents services de l’État, qu’il s’agisse de la Politique agricole commune, des services vétérinaires ou encore de l’Agence régionale de santé pour le suivi de la qualité des eaux du lac.
" Le risque zéro n’existe pas "
Interrogé sur les inquiétudes liées à une éventuelle dégradation de la qualité de l’eau, Jean-Philippe Legueult a reconnu que "le risque zéro n’existe pas".
Il a toutefois souligné que certaines interdictions de baignade liées à la présence de cyanobactéries sont déjà observées sur des sites où aucune porcherie n’est implantée à proximité. Pour le préfet, ces phénomènes démontrent la complexité des enjeux environnementaux et la nécessité de s’appuyer sur des données scientifiques plutôt que sur des hypothèses.
Pas d'impact négatif pour le tourisme
Concernant les craintes exprimées par les acteurs du tourisme, le préfet estime que le projet ne devrait pas avoir d’impact significatif sur l’attractivité du lac de Vassivière.
Il a rappelé que "l’installation sera implantée dans un secteur agricole, à environ 1,7 kilomètre du lac, lui-même artificiel, et qu’elle ne sera pas visible depuis les principaux points de vue du site".
Selon lui, les éventuelles nuisances olfactives resteront "très locales" et concerneront un secteur où l’habitat est peu développé.
Jean-Philippe Legueult a également indiqué avoir rencontré à plusieurs reprises les maires des communes concernées avant de prendre sa décision. Tout en se disant conscient que cette autorisation ne fera pas l’unanimité, il a assuré que son objectif était de garantir le respect des normes environnementales en vigueur.
Les opposants annoncent des recours
La décision préfectorale a immédiatement suscité des réactions. Dès l’annonce de l’autorisation, plusieurs élus des communes situées autour du lac de Vassivière ainsi que des opposants au projet se sont rassemblés sur une plage du site pour réaffirmer leur désaccord.
Ils dénoncent un projet qu’ils jugent incompatible avec la préservation de l’environnement et l’image touristique du territoire. Plusieurs recours devant la juridiction administrative devraient être déposés dans les prochaines semaines, ouvrant un nouveau chapitre dans ce dossier particulièrement sensible pour le sud de la Creuse.
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