"Le football perd un très grand monsieur" : les hommages se multiplient après la mort d’Éric Roy

Publié : 11h14 par
Adrien Michaud - Journaliste

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Éric Roy, le coach du Stade Brestois, est décédé d'un cancer à l'âge de 58 ans, a annoncé ce mercredi 17 juin sa famille. Les hommages se poursuivent, ce jeudi 18 juin, tant le tacticien finistérien a compté dans le paysage footballistique français.

Le coach du Stade Brestois, Éric Roy, s’est éteint, ce mercredi 17 juin, à l’âge de 58 ans.
Le coach du Stade Brestois, Éric Roy, s’est éteint, ce mercredi 17 juin, à l’âge de 58 ans.
Crédit : Mikaël Le Gac

"Depuis trois ans et demi, Papa se battait contre un cancer du pancréas. Pendant tout ce temps, il a continué à vivre avec une force qui nous impressionne encore", ce sont par ces mots, publiés par la famille de l'entraîneur sur son compte Instagram, que l’annonce du décès d’Éric Roy a été rendue publique, ce mercredi 17 juin. "Tu resteras à jamais dans nos cœurs et dans l’histoire du Stade Brestois 29. Kenavo le King", a aussitôt publié le club finistérien.

La maladie du coach était un secret de polichinelle, parmi ceux qui suivaient un peu le club breton ou le football français, mais sa volonté de ne jamais évoquer publiquement son état de santé avait été respectée. Parfois visiblement affecté par les traitements, Éric Roy avait toujours assuré sa fonction et ses responsabilités face à ses joueurs et à la presse avec sa bonhommie habituelle.

Le diagnostic de sa maladie semble remonter à peu près au moment où il a pris en main le Stade Brestois, en janvier 2023. Une nomination qui avait alors surpris beaucoup de monde, lui qui avait attendu plus de onze ans une deuxième chance sur un banc de Ligue 1, après avoir entraîné Nice de mars 2010 à novembre 2011.

Une saison exceptionnelle

Venu sauver une équipe menacée de relégation, seul, il s'était fondu dans ce club aux moyens financiers inversement proportionnels à la détermination qu'il a affichée sous ses ordres. Après avoir maintenu Brest à l'été 2023, il allait connaître une saison de rêve en portant les Finistériens à une 3e place aussi impensable que méritée, au vu du jeu développé, en Ligue 1 et à une qualification européenne inédite dans l'histoire du club. "Le football français perd aujourd'hui l'un de ses personnages les plus respectés, les plus aimés, et les plus authentiques", a commenté Vincent Labrune, président de la Ligue de football professionnel (LFP), saluant la "passion totale et une intégrité rare" qui l'animait.

Cette année-là, il avait tenu tête au Stade Rennais, 0-0 au match aller, puis un magnifique 5-4 au retour au Roazhon Park, dans le sprint final de la saison. Le Stade Rennais a d’ailleurs aussi tenu à rendre hommage au tacticien tricolore : "C'est avec une immense tristesse que le SRFC a appris le décès d'Éric Roy. Personnage illustre du football français, King Éric laisse l'image d'un homme particulièrement apprécié."

À la fin de la saison 2023-2024, il avait été élu meilleur entraîneur de Ligue 1, le seul trophée de sa carrière comme joueur ou coach. La saison suivante, il avait prouvé que cela n'avait rien d'un hasard, Brest parvenant à sortir de la phase de poule de la C1 avant de baisser sèchement pavillon devant le futur vainqueur de la compétition, le Paris SG (0-3, 0-7).

 

Brest en deuil

La nouvelle de la disparition du technicien breton s’est aussi répandue outre-Atlantique. Didier Deschamps a salué "un technicien très compétent et une personnalité très attachante. C'est avec beaucoup de plaisir que je lui avais remis, il y a deux ans, le prix de meilleur entraîneur de Ligue 1 lors des trophées UNFP". Les Bleus ont d’ailleurs respecté une minute de silence, en mémoire d’Éric Roy, lors de leur dernier entraînement à Waltham, aux États-Unis.

Les hommages au Niçois d’origine vont plus loin que la seule sphère sportive. "Le football perd aujourd'hui un très grand monsieur. Brest perd l’architecte en chef de ses plus belles heures. Éric Roy restera à jamais l'homme de la fierté brestoise, celui qui a conduit le Stade Brestois vers un parcours historique jusqu'à la Ligue des Champions. Il a permis à tout un territoire de rêver. […] Au-delà de l'entraîneur talentueux, je garderai le souvenir d'un homme profondément humain, chaleureux et sincère […] Brest n'oubliera jamais Éric Roy", a voulu réagir Stéphane Roudaut, le maire de Brest.

Le président du Conseil départemental du Finistère, Maël de Calan, y est allé aussi de son petit mot pour le coach du SB29 :

"Le monde sportif et en particulier tous les professionnels et amateurs de foot ont appris avec tristesse la disparition d’Éric Roy, celui qui était parvenu à amener Brest jusqu’en Ligue des champions. Grâce à lui, des milliers de Finistériens ont vibré à chaque match. Mes condoléances les plus sincères à sa famille et à ses proches. Une pensée également pour tous les joueurs qu'il a formés et portés pendant toutes ces années."

Un rassemblement doit d'ailleurs se tenir ce jeudi 18 juin, à 19h, devant le stade Francis-le-Blé, théâtre de ses exploits et où résonnait souvent le chant dédié à "King Éric": "Quand je vois son jeu, je suis amoureux ! Quand j'entends sa voix, j'suis fan d'Éric Roy !".