À Saint-Nazaire, les nouveaux remparts de Fort Boyard émergent

Publié : 10h33 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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Les futurs ouvrages chargés de protéger Fort Boyard prennent forme au port de Saint-Nazaire. Les murs sont désormais visibles avant leur installation au pied du monument, prévue en 2027.

Au port de Saint-Nazaire, les futurs ouvrages de protection de Fort Boyard prennent forme.
Au port de Saint-Nazaire, les futurs ouvrages de protection de Fort Boyard prennent forme.
Crédit : Alouette DR - Laura Vergne

À quelques centaines de kilomètres du célèbre fort posé entre l'île d'Aix et l'île d'Oléron (Charente-Maritime), c'est une autre silhouette qui attire désormais les regards. Au port de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), les deux futurs ouvrages de protection de Fort Boyard sortent peu à peu de terre. Une étape qui permet enfin de mesurer l'ampleur d'un chantier hors normes.

 

"Aujourd'hui, on peut constater que les murs sont élevés"

Depuis plusieurs mois, les équipes du groupe ETPO s'activent sur le bassin de Penhoët. Les fondations des deux ouvrages sont désormais achevées. Place désormais aux élévations. "Aujourd'hui, ici à Saint-Nazaire, on peut constater que les murs, ce qu'on appelle les voiles de béton, sont élevés", souligne Sylvie Marcilly, présidente du Département de la Charente-Maritime. Ces deux structures ne sont pas de simples blocs de protection. L'une, appelée l'éperon, fera office de brise-lames pour protéger le fort des houles dominantes. La seconde, le havre d'accostage, permettra aussi aux bateaux d'accéder au monument à l'abri des vagues. En parallèle, les travaux avancent également en mer. Les équipes préparent déjà les futures zones d'installation des ouvrages au pied du fort.

"Ce sont des techniques modernes qui permettent de faire un retour sur le passé"
Sylvie Marcilly, présidente du Département de la Charente-Maritime.
Crédit : Alouette DR - Laura Vergne

"On veut donner l'impression d'ouvrages maçonnés"

Si les nouveaux remparts sont réalisés en béton armé, l'objectif est de préserver l'apparence historique du monument. Un défi technique qui mobilise ingénieurs, coffreurs et spécialistes du patrimoine.

"On ne veut pas faire semblant. On veut quasiment reconstruire des ouvrages et donner l'impression d'avoir des ouvrages maçonnés", explique Jean-Bruce Boisson, directeur d'exploitation d'ETPO.

Pour obtenir ce résultat, les équipes utilisent des matrices reproduisant le relief de la pierre. "Le but, c'est que ça s'intègre et que les gens qui viennent aient l'impression d'avoir des ouvrages existants sur Fort Boyard", poursuit-il. Même constat pour Sylvie Marcilly : "Ce sont des techniques modernes qui permettent de faire un retour sur le passé et d'avoir exactement le même aspect que les pierres du fort."

Au total, plusieurs milliers de tonnes de béton armé seront remorquées par flottaison jusqu'au large de la Charente-Maritime.

 

Sylvie Marcilly, présidente du Département de la Charente-Maritime touche l'effet "fausse pierre" - Alouette DR

 

Un chantier hors normes avant le grand départ

Au-delà de l'aspect patrimonial, le chantier impressionne par ses dimensions. Près de 90 personnes travaillent actuellement sur le projet, entre Saint-Nazaire, Rochefort et les interventions en mer autour du fort.

"À plusieurs titres, c'est un chantier hors normes, résume Jean-Bruce Boisson. Il y a le côté patrimonial. Fort Boyard, pour tout le monde, c'est quelque chose de particulier."

La prochaine grande étape sera la mise en eau des deux ouvrages, avant leur remorquage vers Fort Boyard. Leur installation au pied du monument est prévue en 2027, sous réserve des conditions météorologiques et maritimes.

 

L'organisation avec l'équipe du tournage de l'émission Fort Boyard
Jean-Bruce Boisson.
Crédit : Alouette DR

Le financement du chantier continue, lui aussi, de progresser. Après avoir été retenu parmi les monuments emblématiques du Loto du patrimoine 2026, Fort Boyard connaîtra en septembre le montant de l'aide qui lui sera accordée. Un nouveau mécène d'envergure doit également rejoindre le projet dans les prochains mois, même si son identité reste pour l'instant confidentielle.