"On est au bord de l’explosion" : le cri d’alerte des surveillants pénitentiaires

Publié : 11h34 par
Lola Marteau - Journaliste

Lola Marteau vous informe chaque jour sur alouette.fr.

Surpopulation carcérale, personnels manquants... les employés du secteur appellent au blocage des structures pénitentiaires ce lundi 27 avril.

Prison
Crédit : DR | Pexels

Depuis des mois, les surveillants et directeurs de prisons alertent sur la situation du système pénitentiaire.

 

Blocage des structures pénitentiaires

Selon une estimation syndicale, ils sont environ 80 établissements à être touchés par le mouvement ce lundi 27 avril. 

À l’origine de cette action, le syndicat Ufap-Unsa, qui estime être arrivé à un point de rupture. Bruno Brasme, secrétaire général de l'Ufap région Grand Ouest déclare au micro d’Alouette :

"Là ça devient impossible, on est au bord de l’explosion, les personnels n’en peuvent plus."

 

Quelle est la situation dans les prisons ?

Saturation des structures, sous-effectifs, la situation des établissements pénitentiaires est critique. Le seuil des 7 000 détenus a été franchi en Nouvelle-Aquitaine et les établissements pénitentiaires de Poitiers-Vivonne, Rochefort et Niort dépassent les 200% d'occupation.

Au total, 5 000 postes sont manquants au niveau national, dont 250 dans la région Nouvelle-Aquitaine, entraînant la dégradation des conditions de travail du personnel. 

"On se retrouve avec des compteurs d’heures supplémentaires qui n’arrêtent pas de défiler, des employés qui viennent à faire jusqu’à 80 heures supplémentaires par mois", déplore Bruno Brasme.

Plus largement, dans nos régions, le taux d'occupation de certaines prisons dépasse aussi le taux national (137%). C'est le cas à La Roche-sur-Yon, Nantes, Poitiers, Vivonne, Limoges ou encore à Angers.

 

Quelles sont les conséquences ?

Plusieurs syndicats s'inquiètent d'une montée des tensions, notamment l'été prochain, quand la chaleur envahira les cellules surpeuplées et mal isolées. 

Le Conseil de l’Europe avait d’ailleurs dénoncé l’état des prisons françaises, souvent insalubres. Fin janvier, les membres avertissaient sur le risque d'une évolution vers un "entrepôt humain".

"On craint pour la sécurité des établissements, pour la sécurité du personnel, mais aussi de la population pénale, donc ça devient impossible de pouvoir travailler dans ces conditions-là", affirme le secrétaire général de l'Ufap région Grand Ouest. 

 


Un projet de loi est actuellement en préparation pour agir face à cette surpopulation carcérale. Gérald Darmanin, ministre de la justice a affirmé vouloir ouvrir 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires. Cette annonce intervient alors que seulement un petit tiers des 15 000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été livrées.

 

 

 

Avec AFP