Guerre en Iran : faut-il craindre une flambée des prix du carburant en France ?

Publié : 8h39 par
Joséphine Point - Journaliste - Coordinatrice des contenus web

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Le conflit engagé par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran pourrait avoir des conséquences économiques en France. Ce samedi 28 février, les Iraniens ont annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz où transite 20% du pétrole consommé dans le monde. Ainsi, risque-t-on une pénurie de carburant en France et/ou une flambée des prix ?

Carburant
Crédit : Illustration Unsplash

Dès ce week-end, des automobilistes français se sont rués dans les stations essence afin de faire des réserves avant une éventuelle hausse des prix. Mais est-ce justifié ? Explications.

 

Le blocage du détroit d'Ormuz

Le détroit d'Ormuz, qui relie le Golfe à l'océan indien, constitue la principale voie de navigation connectant les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde. En 2024, environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement, l'équivalent de près de 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide, selon l'Agence américaine de l'Énergie.

Ce samedi 28 février, après les attaques militaires américaines et israéliennes contre l’Iran, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz. Des dizaines de bateaux y étaient alors bloqués.

 

L'envol des cours du pétrole

Conséquence, ce lundi 2 mars, les cours du pétrole se sont envolés avec un pic à +13% atteignant les 80 dollars, avant de redescendre autour de 76 dollars.

Le Brent, référence internationale de l'or noir, avait déjà progressivement intégré une prime de risque géopolitique pour s'afficher à 72 dollars vendredi, loin des 61 dollars du début d'année.

 

Une hausse du carburant en France ?

En théorie, les pays importateurs de pétrole disposent de réserves, car les membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) doivent maintenir 90 jours de stocks. Mais "en cas d'interruption prolongée des livraisons via Ormuz, le pétrole brut pourrait rapidement grimper jusqu'à 100 dollars le baril (...) notamment en cas d'attaques contre les installations pétrolières dans la région", prévient Eurasia Group.

La dernière fois que les prix du brut ont dépassé 100 dollars, c'était au début de la guerre en Ukraine, à l'unisson des prix du gaz, contribuant à un cycle inflationniste prolongé.

Pour les experts d'Oxford Economics, "il est peu probable qu'une perturbation grave et durable se produise". "Cela obligerait l'Iran à maintenir un blocus naval sans précédent et à se défendre contre la riposte militaire, économique et diplomatique immédiate qu'il provoquerait de la part des grandes puissances", expliquent-ils, prévoyant plutôt un "impact de courte durée" sur les marchés.

Les cours pourraient régresser dans les semaines à venir si "aucune perturbation significative de la production n'est constatée", abonde Giovanni Staunovo, d'UBS.

Selon Eurasia Group, des dizaines de pétroliers chargés se trouvent à proximité d'Ormuz, "la plupart amarrés ou ancrés dans des zones couvertes par des systèmes de défense aérienne" et si la crise s'apaise, "ces navires pourraient rapidement reprendre l'approvisionnement du marché mondial".

 

 

 

Avec AFP