"On se prépare" : l'hôpital de Cholet anticipe l'après-canicule

Publié : 6h02 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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Alors que la canicule place une grande partie de la France en vigilance rouge ce mercredi 24 juin, le centre hospitalier de Cholet a déclenché son plan blanc. Pas pour faire face à un afflux de patients immédiat, mais pour anticiper les conséquences sanitaires qui pourraient apparaître dans les prochains jours.

L'hôpital de Cholet a déclenché le plan blanc canicule
L'hôpital de Cholet a déclenché le plan blanc canicule
Crédit : Alouette DR - Laura Vergne

Les écoles ferment. Les monuments adaptent leurs horaires. Les hôpitaux, eux aussi, changent leur organisation. Alors que la France traverse un épisode de chaleur exceptionnel, plusieurs établissements du Grand Ouest, comme le centre hospitalier de Cholet, du Mans, d'Angers ou encore de Laval, ont activé leur plan blanc pour se préparer à d'éventuelles tensions dans les jours à venir. Car les effets les plus graves de la canicule n'arrivent pas toujours au plus fort de la chaleur.

 

"On se prépare aux conséquences"

Contrairement aux idées reçues, le plan blanc ne signifie pas que les urgences débordent déjà. "On se prépare et on sait très bien qu'il y aura des conséquences", explique Christophe Robert, directeur général du centre hospitalier de Cholet. Pour l'heure, aucun afflux inhabituel de patients n'a été constaté.

"À l'heure où je vous parle, il n'y a pas d'afflux notable lié encore à la canicule."

L'hôpital anticipe toutefois les prochains jours. Les médecins observent régulièrement que les complications apparaissent plusieurs jours après les premières fortes chaleurs.

"On observe ce phénomène cinq à dix jours après les premiers jours très chauds."

Déshydratations, accidents vasculaires cérébraux ou encore décompensations cardiaques figurent parmi les principales complications attendues. "Les chaleurs extrêmes favorisent un certain nombre de décompensations, notamment cardiaques. Il y a des risques d'AVC beaucoup plus importants aussi."

 

"Le plan blanc, c'est aussi le bermuda"

Dans ce contexte, le plan blanc ne ressemble pas à celui déclenché après une catastrophe ou un accident majeur.

"Ce n'est pas un plan blanc à flux massif de blessés. Ça n'a rien à voir."

À Cholet, il repose surtout sur une multitude d'adaptations concrètes. Les consultations sont, lorsque c'est possible, regroupées le matin afin d'éviter les heures les plus chaudes. Certaines consultations de l'après-midi peuvent être décalées si les médecins l'estiment nécessaire. Les équipes voient aussi leur quotidien évoluer. Le personnel administratif, logistique ou technique peut ainsi travailler en bermuda ou avec des vêtements plus légers.

"Le bermuda, par exemple, est conseillé. Ça fait sourire, mais ce sont juste des petites choses qui font que le quotidien est un peu moins pénible."

Les horaires des agents travaillant à l'extérieur sont également adaptés. Des ventilateurs, climatiseurs mobiles, brumisateurs et réserves d'eau ont été déployés dans l'établissement.

 

Des bâtiments à adapter aux canicules de demain

Au-delà de l'organisation immédiate, cette vague de chaleur met aussi en lumière les limites de bâtiments construits à une époque où ces épisodes restaient exceptionnels. Inauguré en 1978, l'hôpital de Cholet peine aujourd'hui à maintenir des températures acceptables.

"On a un bâtiment qui ne peut plus faire face, aujourd'hui, à des pics comme hier à 43 degrés dehors."

La chaleur touche aussi les équipements médicaux.

"Un des monte-malades s'est mis en défaut du fait de températures trop élevées."

Pour répondre à ces nouveaux défis, l'hôpital prépare un vaste programme de rénovation thermique des façades, des vitrages et des huisseries. Estimé à près de 16 millions d'euros, ce chantier pourrait s'étaler sur quatre ans si les financements sont réunis. "Si on peut trouver des financements, ça ne sera que bénéfique."