Vendée : ces nouvelles caméras qui repèrent les voitures

Publié : 6h04 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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La Ville des Sables-d'Olonne, en Vendée, va installer ses premières caméras capables de lire automatiquement les plaques d'immatriculation. Un dispositif présenté comme un outil d'aide aux enquêtes. Particularité : les données ne pourront être consultées que par la police nationale, sur réquisition judiciaire.

Les Sables-d'Olonne misent sur les caméras LAPI.
Les Sables-d'Olonne misent sur les caméras LAPI.
Crédit : Ville des Sables-d'Olonne

"C'est très bien", "ça me paraît bien", "ça peut être bien pour surveiller"...  Les habitants rencontrés semblent plutôt favorables au nouveau dispositif présenté par la Ville des Sables-d'Olonne (Vendée). D'ici l'été, une première caméra de lecture automatisée des plaques d'immatriculation (LAPI) doit être installée à l'entrée de la ville. À terme, la municipalité envisage un réseau d'une cinquantaine de caméras sur une vingtaine de sites. Un investissement important : environ 10 000 euros par caméra. Mais contrairement aux dispositifs déjà utilisés dans de nombreuses villes françaises pour contrôler le stationnement, celui des Sables-d'Olonne poursuit un tout autre objectif.

 

Pas des amendes, mais des enquêtes

À Angers, Nantes, La Baule, Angoulême ou encore Saint-Malo, certaines caméras servent à vérifier automatiquement si le stationnement a été payé. Les fameuses "sulfateuses à PV" sillonnent les rues et déclenchent des forfaits post-stationnement. Aux Sables-d'Olonne, la logique est différente.

"Ce n'est pas la volonté du maire que je suis", insiste Nicolas Chénéchaud, le maire de la Ville.

Le système doit permettre de repérer les véhicules entrant et sortant de la ville afin d'aider les enquêteurs dans certaines affaires : cambriolages, vols de véhicules ou autres faits nécessitant l'identification d'un trajet. "C'est une arme supplémentaire qui s'inscrit dans le dispositif global", affirme le maire. Selon lui, les quelque 400 caméras déjà présentes sur la commune contribuent régulièrement à faire avancer des enquêtes.

 

"Pour le moment le droit ne permet pas aux policiers municipaux d'accéder aux données"
Préfet de la Vendée
Crédit : Alouette DR

Une "boîte noire" réservée à la police nationale

C'est le point le plus sensible du dossier. Aujourd'hui, la police municipale n'a pas le droit d'exploiter ce type de données. Les plaques d'immatriculation enregistrées seront donc stockées pendant quinze jours dans un système sécurisé auquel les agents municipaux n'auront pas accès.

"Pour le moment, le droit ne permet pas aux policiers municipaux d'accéder aux données des LAPI", rappelle le préfet de la Vendée, Éric Freysselinard.

Concrètement, seule la police nationale pourra consulter les données, et uniquement sur réquisition judiciaire. Le préfet donne l'exemple d'une série de cambriolages. Si un témoin relève une plaque ou si un véhicule suspect est signalé, les enquêteurs pourront vérifier à quelle heure il est entré ou sorti de la ville. "Mais seule la police nationale accédera à ces données et sur réquisition", insiste-t-il.

 

Une expérimentation avant un changement de loi ?

La Ville regarde déjà vers l'avenir. Une réforme des polices municipales, lancée sous Bruno Retailleau lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, pourrait à terme élargir l'accès des policiers municipaux à certains outils technologiques. Les Sables-d'Olonne espèrent notamment une évolution concernant les dispositifs de lecture automatisée des plaques d'immatriculation.

"La volonté du maire que je suis, c'est de faire évoluer le cadre législatif, déclare Nicolas Chénéchaud. Si nos policiers municipaux ont également accès, on va être encore plus rapides, encore plus efficaces."

Cette ambition ne convainc pas tout le monde. Dans l'opposition, les élus de gauche ont récemment exprimé leurs inquiétudes. Ils s'interrogent sur la conformité juridique du dispositif et sur les garanties apportées en matière de libertés publiques et de protection des données. Le préfet défend pour sa part une démarche de prévention. "Les Sables-d'Olonne n'ont pas un niveau de délinquance élevé. La Vendée est un département plutôt sûr", reconnaît-il. Avant d'ajouter :

"C'est très bien que même une ville où il fait bon vivre et qui est relativement sûre mette le maximum pour consolider vraiment ce bon niveau de sécurité."