"Les Harmonies Invisibles" : un film tourné dans l'Arctique par un explorateur breton

8 octobre 2021 à 12h45 par Arnaud Laurenti

L'explorateur Laurent Marie et son frère Vincent, réalisateur, ont parcouru les terres glacées des Inuits, en quête du Narval, la "licorne des mers". De leur aventure, ils en ont fait un film : "Les Harmonies Invisibles".

Laurent Marie
Crédit: Alouette

À la recherche d'un animal qui a inspiré l'imaginaire collectif, Laurent Marie a exploré l'Arctique aux côtés de son frère Vincent, et rencontré le peuple Inuit avec lequels les deux hommes ont partagé un quotidien que "Les Harmonies Invisibles" permet de découvrir. Entretien avec l'explorateur breton.

 

Votre deuxième film « Les Harmonies Invisibles » est projeté ce 8 octobre au Mac Orlan à Brest à 20h. Quel est le pitch de ce nouveau film ?

Cette histoire, c’est la quête du narval qui est un animal légendaire du Grand Nord. Le narval est une baleine avec une dent qui peut faire jusqu’à trois mètres de long. Cette volonté, c’est de partir à la rencontre de cet animal. On ne sait pas, on ne sait plus s’il existe vraiment, et donc, c’est cette quête-là. Ce film, c’est aussi une rencontre avec les Inuits. Nous confrontons notre imaginaire d’enfant à leur réalité d’aujourd’hui. Nous voulions faire découvrir au public la vie des Inuits et leur culture, nous voulions parler de tout ça.

Pourquoi ce nouveau film et quel sens pour ce titre ?

Tout simplement, parce qu’après « Un Monde de Glace » sur l’Antarctique, nous voulions parler de l’Arctique et surtout des Inuits. Alors « Les Harmonies Invisibles », ça parle des harmonies et du lien qu’ont les Inuits avec leur environnement.

Quel était votre leitmotiv cette fois-ci et quel est le message que vous vouliez faire passer ?

Nous voulions faire découvrir au public la vie des Inuits, leur culture. Le message, c’est un message de tolérance, de paix également et un message de liberté. Les paysages sont grands. On sait que l’Arctique est confronté à des menaces et nous voulions en parler.

 

 

Où s’est déroulé le tournage précisément et combien d’expéditions ont été nécessaires pour ce nouveau film ?

Le tournage s’est déroulé entre le Groenland et le Nunavut canadien. Au total, il y a eu quatre expéditions sur différentes saisons.

Que retenez-vous de ces quatre expéditions en Arctique ?

Je retiens, forcément, des moments inoubliables. Les échanges avec les Inuits ont été très forts. Je retiens également la plongée avec un jeune Inuit, des rencontres marquantes comme avec la grand-mère qui nous explique sa culture et son histoire, une rencontre aussi avec le grand chasseur du village d’Arctic Bay, qui lui nous explique la chasse et le respect qu’il a pour les animaux.

Quels sont, justement, les différents animaux présents dans votre nouveau film ?

On rencontre notamment le béluga, quant au narval, il faut venir voir le film pour le savoir (rires).

Quel est votre plus beau souvenir de tournage ?

Le plus beau souvenir, je dirais que c’est la plongée avec le jeune Inuit. Parce qu’il se noue quelque chose dans le film qui est important. C’est-à-dire qu’au moment où je plonge avec lui, il a peur et donc je dois le rassurer, il y a un contact physique qui s’opère, et à ce moment-là, on se rapproche véritablement des Inuits. A partir de là, on a pu aller plus loin dans notre démarche, dans nos échanges et dans le partage.

Ce nouveau film est-il  un clin d’œil à votre père qui vous racontait la légende du narval étant petit ?

Oui, bien sûr. J’ai réalisé ce film avec mon frère et mon père, quant à lui, a fait partie de l’expédition également, c’était le photographe. Forcément, c’est un clin d’œil aussi à notre éducation. On sait que les histoires nous conditionnent, et quand on réalise plus tard ces histoires, en quelque sorte, on retrouve le chemin de ces histoires. C’est un bel hommage à notre âme d’enfant. C’est aussi une rencontre qui nous ouvre des portes sur des mondes différents.

Un livre destiné aux enfants complète cette belle aventure. C’est important pour vous de délivrer des messages aux plus jeunes d’entre nous ?

Oui, complétement. On a fait une autre rencontre qui est déterminante sur cette expédition, c’est avec le dessinateur Andrew Kappic qui est un grand dessinateur Inuit. On a demandé qu’il réalise les dessins de notre livre pour enfant « La Quête du Narval ». Au travers de ses dessins, on apprend à redécouvrir la culture Inuit et à partager cette aventure avec les enfants. Je fais énormément de conférences. Ces mondes-là sont méconnus et on doit connaître cette culture, ces animaux et ces oiseaux. On doit connaître aussi le contexte global pour pouvoir comprendre les menaces et défendre ces territoires.

Vous avez un besoin de transmettre ?

Oui ! Ce film-là, c’est aussi la transmission. C’est-à-dire que le jeune plongeur Inuit, avec qui j’ai plongé, va apprendre aux plus jeunes du village ensuite à plonger en apnée. Nous aussi, nous avons un devoir et c’est la mission principale de mon association « L’Âme Bleue », c’est de transmettre aux nouvelles générations des connaissances et des expériences pour pouvoir protéger le monde de demain.

Avez-vous déjà d’autres projets en tête ?

J’ai énormément de projets qui vont suivre, des projets locaux et internationaux. Je suis toujours à la recherche de mécènes pour continuer cette aventure.

 

 

"Les Harmonies Inivisibles" est projeté au Mac Orlan, à Brest, ce vendredi 8 octobre à partir de 20h00. Entrée gratuite.

Le film sera également projeté dans le cadre du Festival des mondes sous-marins de Trébeurden dimanche 17 octobre.

 

 

(Entretien retranscrit par Mikaël Le Gac)