Marais salants de Guérande, château de Chambord : ces sites du Grand Ouest menacés par le changement climatique

Publié : 11h22 par
Lola Marteau - Journaliste

Lola Marteau vous informe chaque jour sur alouette.fr.

Ce jeudi 15 octobre, le Réseau Action Climat alerte les Français sur les menaces qui pèsent sur de nombreux monuments nationaux. Selon une étude, le patrimoine français serait déjà confronté aux conséquences du changement climatique. Alouette fait le point.

Château de Chambord
Le Château de Chambord est menacé par la montée des eaux
Crédit : Illustration Envato - DR

Inondations, mais aussi feux de forêt : ces phénomènes naturels se multiplient chaque année, voire s’aggravent, en raison du dérèglement climatique. Bien que les habitations soient en première ligne face à ces événements, les monuments français sont eux aussi de plus en plus menacés.

 

Des phénomènes naturels dévastateurs

"Le patrimoine culturel est directement touché par des épisodes extrêmes, par exemple lorsqu’une inondation endommage un monument, ou lorsqu’une tempête ou un feu de forêt provoque des destructions brutales", indique le rapport.

Ces événements fragilisent les sites. Chaleurs extrêmes et érosion côtière représentent un cocktail parfait pour déstabiliser et dégrader les lieux. De son côté, la sécheresse fragilise les bâtiments, mais aussi les jardins et les paysages patrimoniaux. Sans parler des conditions de travail des équipes et de l’accueil des visiteurs, qui se compliquent avec des températures de plus en plus élevées.

 

Des sites du Grand Ouest menacés

Pour cette étude, 20 sites ont été étudiés aux quatre coins de la France, dont beaucoup se trouvent dans le Grand Ouest.

En Centre-Val de Loire, les châteaux de Chambord et d’Azay-le-Rideau font tous deux face à la même menace : les inondations. En 2026, de fortes pluies ont notamment fait déborder l’Indre, et l’eau est montée aux portes du château d’Azay-le-Rideau.

Plus au nord, en Bretagne, c’est la commune de Saint-Malo tout entière qui est menacée par l’eau de mer, cette fois-ci. Même situation en Loire-Atlantique, où la montée des eaux pourrait perturber l’activité salicole des marais Salants de Guérande.

Enfin, c’est un monument tout entier qui risque de disparaître en Nouvelle-Aquitaine. Le changement climatique n’est pas directement responsable, mais il accentue l’érosion côtière autour du phare de la Coubre. Situé à 1,8 km de la côte lors de sa construction, le phare se trouve désormais à seulement 130 à 150 mètres de la mer à marée haute.

 

Des mesures d’adaptation

"Le changement climatique aggrave ainsi des vulnérabilités existantes et oblige les acteurs du patrimoine à anticiper au mieux les risques", précise le rapport.

Pour l’ensemble des sites concernés, des mesures d’adaptation sont mises en place : plans d’urgence, protocoles en cas d’inondation ou de fortes chaleurs, protection des bâtiments, adaptation de l’accueil, etc.

Malgré cela, le rapport tire la sonnette d’alarme : "L’adaptation a du retard et ne suffira pas."

"La meilleure façon de protéger notre patrimoine face au changement climatique reste de limiter le réchauffement lui-même, en réduisant fortement et rapidement les émissions de gaz à effet de serre", conclut le Réseau Action Climat.