La maternité d'Ancenis en sursis

Publié : 16h18 par
Elouen Rouchy - Journaliste

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Le service de l'établissement de santé est menacé de fermeture. La maternité pourrait disparaître pour laisser la place à un centre de périnatalité, indique un collectif de soignants. Un centre pour venir consulter avant et après un accouchement.

La maternité pourrait devenir un centre de périnatalité.
La maternité pourrait devenir un centre de périnatalité.
Crédit : Collectif Soignants Avenir CHEL

Le directeur de l'Agence régionale de santé (ARS) indiquait il y a quelques semaines au micro d'Alouette que la maternité d'Ancenis serait maintenue. Pourtant, un collectif de soignants de l'hôpital donne un tout autre son de cloche. Au travers d'une publication Facebook, il indique que le CHU de Nantes ne proposera pas d’organisation permettant de maintenir les accouchements à Ancenis. La maternité est donc menacée de fermeture pour être remplacée par un centre de périnatalité. Un centre qui permet l'accueil des parents avant et après un accouchement. Mais aucun accouchement ne peut y avoir lieu.

La maternité d'Ancenis, un maillage essentiel du territoire

Parmi les membres du collectif Soignants Avenir Chel, il y a le médecin anesthésiste Armel Bettan. Comme ses collègues, il défend le maintien de la maternité d'Ancenis. Dans un département plutôt bien pourvu en offre de soin, "l'hôpital d'Ancenis est un véritable maillage dans le territoire. Et si vous vous commencez à retirer des éléments du maillage, on se retrouvera très rapidement, comme dans les déserts médicaux, avec qu'une seule maternité", nous explique-t-il. D'autant plus dans un contexte de saturation des maternités de Nantes.

L'autre enjeu de taille, c'est de maintenir l'attractivité de la commune d'Ancenis. "C'est une ville industrielle, mais jeune, nous rappelle le docteur Bettan, donc si vous voulez continuer à attirer du monde sur ce territoire, il faut avoir une offre adaptée, et pas seulement un service de proximité de gériatrie. La maternité est un vecteur d'attractivité pour le territoire".

Armel Bettan, anesthésiste, au micro d'Alouette

Le moral des soignants en berne

Depuis plusieurs années déjà, les professionnels de santé de la maternité d'Ancenis travaillent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Le service va-t-il se maintenir, va-t-il disparaître ? Aucune réponse concrète ne leur est apportée. Lydie Chauvat est sage-femme et dresse ce constat : "On n'a pas toujours le moral et, lorsque l'on est ensemble, c'est un peu le sujet de conversation principal". 'Tu fais quoi toi si ça ferme ?'. Difficile d'y répondre pour ces professionnels de santé qui sont attachés à cette maternité de proximité.

"On ignore ce que la direction va nous proposer. L'idée d'aller travailler dans une plus grosse structure ne donne pas envie à tout le monde, d'autant plus avec le temps de trajet. Il faut savoir qu'à Ancenis, on a une qualité de travail importante, qu'on ne retrouverait pas dans des établissements plus imposants."

Pour autant, les soignants restent professionnels et continuent d'accompagner au mieux les parents et les enfants.

Lydie Chauvat, sage-femme, au micro d'Alouette

Des patientes envoyées ailleurs

Si le projet de fermeture est acté, les futures patientes devront aller accoucher à Nantes, Châteaubriant, Angers ou Cholet. Là où il y aura de la place. Une situation inconcevable pour le collectif, qui indique que le week-end dernier, 13 jeunes mamans étaient hospitalisées à Ancenis.

 

"On est convaincu qu'il y a un avenir"

Le collectif de soignants ne veut pas être défaitiste. Pour le moment, "rien n'est joué", nous indique le docteur Bettan.

"Même si le moral s'effrite, on est convaincu qu'il y a un avenir. On ne parle pas seulement de survivre, mais de développer une offre neuve, moderne et proche des gens. C'est ce qu'ils viennent chercher à Ancenis. Ils savent que les personnes en face d'eux sont disponibles et prennent le temps. C'est ce qui fait la particularité de l'hôpital !"

Comme nous l'explique le médecin, rien n'est encore acté pour le moment. Le collectif doit notamment rencontrer, ce vendredi 6 novembre Philippe El Saïr, le directeur du CHU de Nantes, afin d'évoquer la suite pour la maternité d'Ancenis. La décision finale revenant tout de même à l'ARS.

Armel Bettan, au micro d'Alouette