Matt Pokora fait revivre la mémoire du village martyr d’Oradour-sur-Glane sur TF1

Publié : 11h24 par
Thierry Matonnat - Journaliste

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Plus de 80 ans après le massacre d’Oradour-sur-Glane, TF1 consacre une soirée spéciale à cette tragédie. Jeudi 24 septembre, une fiction puis un documentaire reviendront sur le drame, mais aussi sur les femmes et les hommes qui, aujourd’hui encore, portent cette mémoire.

Affiche de la fiction "Oradour"
Affiche de la fiction "Oradour" avec Matt Pokora et Caroline Anglade.
Crédit : TF1 | Sweetpixel | Pixeline | Making Prod | M2thep | Entertainment | TF1

Le 10 juin 1944, Oradour-sur-Glane bascule dans l’horreur. Dans ce paisible village de Haute-Vienne, 643 hommes, femmes et enfants sont assassinés par des soldats de la division Waffen-SS Das Reich. Le village est ensuite incendié. Une trentaine de personnes seulement survivent.

Parmi elles, Robert Hébras. Il a 19 ans lorsqu’il perd sa mère et ses deux sœurs. Toute sa vie, il va porter le souvenir de cette journée et raconter ce qu’il a vu. C’est aussi cette volonté de transmettre qui est à l’origine de la soirée spéciale proposée par TF1 le jeudi 24 septembre.

 

Une fiction pour ne pas oublier

La chaîne diffusera d’abord Oradour, initialement intitulé Oradour, ne m’oublie pas, une fiction portée notamment par Matt Pokora. Le projet prend forme en 2022, lorsque le chanteur rencontre Robert Hébras dans les ruines du village martyr.

Le téléfilm fait le choix de raconter Oradour à travers une histoire intime, celle d’un amour bouleversé par la guerre. Matt Pokora joue un officier des Forces françaises libres parachuté dans la région quelques jours avant le massacre. Il retrouve Marie, son amour de jeunesse, interprétée par Caroline Anglade, qui cherche à échapper à un mari violent avec sa fille.

Cette approche a suscité des interrogations parmi les acteurs locaux de la mémoire. En juillet 2025, le Département de la Haute-Vienne, la commune d’Oradour-sur-Glane, le Centre de la Mémoire et l’association des familles des martyrs avaient fait part de leur inquiétude concernant le traitement historique du téléfilm.

Mais pour Benoît Sadry, président de l’association nationale des familles des martyrs d’Oradour-sur-Glane, la fiction présente aussi un intérêt : celui de permettre à ceux qui ne connaissent pas Oradour de découvrir cette histoire.

 

Ce que le massacre laisse derrière lui

Après la fiction, le documentaire Oradour, un village martyr, réalisé par Stanislas Kraland, changera de regard. Ici, pas de reconstitution romancée : la parole est donnée aux survivants et à leurs descendants.

Le film raconte notamment le parcours de Robert Hébras et celui de familles qui ont vécu pendant des décennies avec des souvenirs difficiles à transmettre. Pour certains enfants et petits-enfants de survivants, Oradour s’est longtemps résumé aux silences de leurs parents, aux cauchemars et aux blessures jamais refermées.

Le documentaire revient également sur l’après-guerre. À Bordeaux, le procès des responsables du massacre débouche notamment sur l’amnistie de plusieurs condamnés. Pour les familles des victimes, cette décision est vécue comme une nouvelle épreuve, après le drame.

 

Une histoire qui continue de se transmettre

Aujourd’hui, alors que les derniers survivants disparaissent peu à peu, la question de la transmission devient centrale. Robert Hébras avait lui-même confié à sa petite-fille Agathe la mission de faire vivre cette mémoire.

Le documentaire franchit aussi la frontière pour s’intéresser aux descendants des auteurs du massacre. Karin Eideloth découvre ainsi, en 2017, que son grand-père a participé aux événements d’Oradour. Une découverte qui l’oblige, elle aussi, à affronter un héritage familial douloureux.

À travers ces histoires, TF1 veut montrer qu’Oradour n'appartient pas seulement au passé. Le massacre continue de vivre dans les souvenirs, les silences et les questions des générations qui ont suivi. Une soirée pour raconter l’histoire, mais surtout pour rappeler pourquoi elle doit continuer à être transmise.

 

Oradour, jeudi 24 septembre à 21h10 sur TF1 et TF1+

Oradour, un village martyr, jeudi 24 septembre à 23h15 sur TF1 et TF1+