Assassinat d'un boulanger : son épouse et deux hommes jugés à Quimper

26 janvier 2021 à 8h42 par Marie PIRIOU

Deux hommes et une femme comparaissent depuis lundi devant la cour d'assises du Finistère pour leur implication à différents degrés dans l'assassinat d'un boulanger en août 2018 à Plonévez-du-Faou, et la tentative d'assassinat de sa compagne.

ALOUETTE
Crédit: Archives

Dans le box des accusés, l'épouse du boulanger-pâtissier, dont elle était séparée depuis deux ans, Fabienne Mehens, 50 ans, accusée de complicité d'assassinat et de complicité de tentative d'assassinat, tout comme son compagnon de l'époque, Yves Brassier, également âgé de 50 ans. L'ancien associé de ce dernier, Olivier Coudray, 41 ans, comparait lui pour assassinat et tentative d'assassinat.

Vincent Calvez avait reçu le 23 août 2018 deux balles dans la tête, tirées à bout portant, alors qu'il s'apprêtait, peu après minuit, à quitter son domicile pour aller travailler. Sa compagne, Marie G., âgée de 27 ans et présente à l'audience, avait également été atteinte d'une balle dans la tête.

"Je suis coupable d'avoir eu l'idée"

Fabienne Mehens aurait été l'instigatrice du guet-apens. En instance de divorce, le couple avait d'importantes dettes à la suite notamment de l'achat de deux maisons. Son nouveau compagnon avait conduit le véhicule dans lequel avait pris place Olivier Coudray, l'auteur des coups de feu auquel avait été promise la somme de 7.500 euros. Les trois accusés avaient été mis en examen et écroués en novembre 2018. Les deux hommes avaient rapidement avoué les faits tandis que Mme Mehens uniquement au terme de plusieurs auditions. Ses dires ont ensuite fluctué au cours des mois, se rétractant puis avouant à nouveau.

"Je suis coupable d'avoir eu l'idée", a-t-elle déclaré au premier jour de son procès, admettant avoir "plus ou moins" participé à l'élaboration du macabre projet. En revanche, interrogée sur les raisons de ce plan, l'accusée n'a avancé aucun motif. "Je ne sais pas. Je n'ai pas moi-même la réponse", a-t-elle indiqué. "A part pour de l'argent elle (Fabienne Mehens, ndlr) n'avait aucun motif valable de vouloir la mort" de Vincent Calvez, a toutefois estimé à la barre Marie G., qui avec beaucoup de clarté et de précision a raconté la nuit du drame. "C'était la seule personne qui pouvait bénéficier de sa mort", a également témoigné le frère du boulanger-pâtissier, Franck Calvez. Olivier Coudray, un ancien militaire qui possédait plusieurs armes à son domicile, a assuré avoir consenti à mener à bien le projet d'assassinat "pour avoir la paix", face à l'"insistance" de Fabienne Mehens. Le procès doit se tenir jusqu'à lundi prochain.

(Avec AFP)