Blocage de la cimenterie Lafarge près d'Angers par des militants pro-climat

17 juin 2020 à 13h02 par Arnaud Laurenti

Des actions de blocages et des manifestations contre la relance des activités "toxiques" ont lieu un peu partout en France ce mercredi. Près d'Angers, une cinquantaine de militants écologistes et des gilets jaunes ont bloqué la cimenterie Lafarge.

ALOUETTE
Twitter | Youth for climate Angers
Crédit: Archives

Usine de pesticides, cimenteries, Amazon... Des dizaines de militants écologistes ont organisé des blocages un peu partout en France mercredi contre la "réintoxication du monde", un mois après le début du déconfinement.

Blocage près d'Angers

À Saint-Barthélémy-d'Anjou, près d'Angers, une cinquantaine de militants écologistes et de "gilets jaunes" ont bloqué la cimenterie Lafarge dès 06H30, selon la police, qui a décrit une manifestation "sans difficultés".

"L'industrie de la construction est la plus polluante après celle de l'énergie ! C'est pourquoi plusieurs collectifs participent à la journée contre la #réintoxication du monde afin d'alerter la population sur la catastrophe écologique que représente le domaine du BTP", a écrit sur Twitter l'organisation Youth for Climate Angers.

Les manifestants ont prévu de rester sur place "jusqu'à ce que le site ne puisse plus redémarrer", a expliqué une militante au Courrier de l'Ouest.

D'autres actions en France

À Toulouse, c'est aussi une usine Lafarge qui a été bloquée dès 05H00 par une vingtaine de militants de l'ANV-Cop21 qui se sont enchaînés au portail, empêchant les employés d'accéder au site, selon les organisateurs. "Coulons les cimenteurs" ou "laisse béton", pouvait-on lire sur de grandes banderoles.

À Marseille, une trentaine de militants du mouvement Extinction Rebellion et quelques "gilets jaunes" ont empêché un camion rempli de soufre d'entrer dans l'usine Cerexagri, qui fabrique des pesticides et autres produits agrochimiques, filiale du groupe indien UPL, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"C'est l'exemple d'une usine déconnectée du terrain qui sous prétexte de devoir remplir des objectifs financiers continue son activité sans aucune contrainte environnementale internationale", dénonce Cyprien. Le jeune homme pointe aussi "la relégation" de cette usine dans un quartier pauvre de la ville sur un site Seveso non loin d'une école.

Près de Saint-Nazaire, une action était également annoncée cet après-midi devant l'usine d'engrais chimiques Yara, à Montoir-de-Bretagne.

À Belle-Île-en-Mer, d'autres militants ont prévu de se mobiliser contre la construction d'un lotissement.

À Paris, 40 militants ont déposé un colis géant devant le ministère de l'Économie "pour dénoncer les impacts nocifs d'Amazon (emploi, social, climat, évasion fiscale ...)", a annoncé Attac sur Twitter.

Des dizaines d'actions sont organisées dans toute la France contre la relance de "la machine infernale" de l'économie. "Depuis la fin du confinement, la pollution repart en flèche et la catastrophe écologique se redéploie partout au nom des mêmes impératifs marchands, avec le même aveuglement. Visiblement, rien ne fera bifurquer les lobbys économiques et gouvernements si on ne les y contraint pas maintenant", selon les organisateurs.

(avec AFP)