Castex n'écarte pas un reconfinement si la situation continue à se dégrader

25 septembre 2020 à 5h45 par Arnaud Laurenti

"On ne joue pas avec une épidémie", a mis en garde le Premier ministre Jean Castex jeudi sur France 2, en appelant à "la responsabilité", qui est "nécessairement collective", face au virus Covid-19, face à une fronde d'élus locaux à Marseille.

ALOUETTE
Crédit: Capture écran | France 2

"Il faut que l'opinion soit très attentive. Si nous n'agissons pas, on pourrait se trouver dans une situation proche de celle du printemps. Ça pourrait pouvoir dire reconfinement", a averti le Premier ministre au lendemain de l'annonce de nouvelles restrictions.

Préserver les hôpitaux

Jean Castex a justifié ces mesures en affirmant que la situation était "très préoccupante dans toute la France" mais "surtout grave dans les grandes agglomérations".

À Marseille, c'est "une course contre la montre" et c'est pour cela que "nous avons décidé de prendre des mesures plus fortes", a-t-il ajouté au début de l'émission "Vous avez la parole", sa première grande émission politique depuis sa nomination début juillet.

Il a expliqué que l'objectif du gouvernement était "simple": "éviter la saturation de nos établissements hospitaliers", en particulier les services de réanimation.

Interrogé sur un éventuel reconfinement des Ehpad, il a répondu :

"Non. On ne reconfine pas les Ehpad", "il faut tout faire pour éviter ça".

Nouveau record de cas positifs

La France a enregistré 16.096 nouveaux cas de Covid-19 en 24 heures, un record depuis le lancement des tests à grande échelle dans le pays, selon les données publiées jeudi soir par Santé publique France.

"Je ne vous en veux pas", a assuré Jean Castex à une restauratrice de Marseille qui a critiqué à l'écran la décision prise mercredi de fermer dès samedi à Aix-Marseille et en Guadeloupe des bars, des restaurants et des établissements recevant du public, à l'exception de ceux ayant un protocole sanitaire strict comme les théâtres, musées et cinémas.

"La mesure c'est pour 15 jours, et nous espérons que nous pourrons rouvrir dans 15 jours", a dit Jean Castex à la restauratrice. "Nous allons indemniser la perte du chiffre d'affaires que vous allez subir", lui a-t-il assuré, car "il n'est pas question que vous subissiez les conséquences de ces conditions sanitaires".

Les élus locaux de Marseille et sa région ont fustigé jeudi les nouvelles mesures de lutte contre le Covid-19 du gouvernement et annoncé le dépôt d'un référé en justice pour empêcher la fermeture des bars et des restaurants.

Castex n'a pas téléchargé "Stop Covid"

Jean Castex a admis jeudi soir ne pas avoir téléchargé l'application de traçage de contacts StopCovid, pourtant promue par le gouvernement pour lutter contre la propagation du coronavirus.

"Oui je pousse les Français à le faire, mais je ne l'ai pas fait", a déclaré M. Castex, interrogé sur ce point.

Le Premier ministre a mis en avant "les fonctions qui sont les (s)iennes" qui font notamment qu'il ne prend "plus le métro" et donc le conduisent "malheureusement" à croiser moins de monde.

Deux autres ministres présents en plateau ont eux aussi avoué ne pas disposer de cette application : celui de la Justice Eric Dupond-Moretti et la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa. Assis derrière le Premier ministre, les ministres de l'Intérieur, Gérald Darmanin, de la Transition écologique, Barbara Pompili, de la Santé, Olivier Véran, entre autres, levaient la main pour signifier qu'ils avaient eux téléchargé l'application.

"Le naufrage en direct du PM (Premier ministre) #Castex dans #VousAvezLaParole symbolise à merveille le naufrage de l'Etat. Des ministres qui n'ont pas l'appli #StopCovid", a réagi sur Twitter le député (RN) du Nord, Sébastien Chenu.

L'application StopCovid, sortie en juin, doit permettre à ses utilisateurs d'être prévenus s'ils ont croisé récemment, à moins d'un mètre et pendant plus de 15 minutes, un autre utilisateur qui s'est découvert contaminé par le coronavirus responsable du Covid-19. Elle a cependant été critiquée dès sa sortie, certains craignant qu'elle représente un premier pas vers une société de surveillance, et son efficacité est pour l'heure jugée limitée.

L'application StopCovid, activement portée par le secrétaire d'Etat Cédric O, a été développée sous la direction de l'institut de recherche en informatique français Inria avec le concours de développeurs de sociétés privées comme Orange et Capgemini.

(avec AFP)