Coronavirus : 636 morts en Chine, dont un médecin qui avait donné l'alerte

7 février 2020 à 6h28 par Arnaud Laurenti

Des mesures de plus en plus draconiennes sont prises pour faire face à l'épidémie de pneumonie virale qui a fait 636 morts en Chine, dont, vendredi, un des premiers médecins à avoir sonné l'alarme quant aux dangers du nouveau coronavirus.

ALOUETTE

Au total 31.161 personnes ont été contaminées en Chine continentale, où un nombre croissant de villes imposent à leurs habitants de rester confinés. Ils sont des dizaines de millions à ne pouvoir sortir de chez eux.

Mort du médecin lanceur d'alerte

C'est à l'hôpital central de Wuhan, la métropole où est apparu en décembre le nouveau coronavirus, que Li Wenliang, un ophtalmologue qui avait un des premiers donné l'alerte, s'est éteint tôt vendredi, victime de l'épidémie. Il avait eu maille à partir avec les autorités, qui l'accusaient de "propagation de rumeurs".

Dans un communiqué, l'organe du Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir chargé de lutter contre la corruption a annoncé l'envoi d'une équipe à Wuhan "pour mener une enquête exhaustive sur les circonstances entourant le docteur Li Wenliang, telles qu'elles ont été rapportées par les masses". Sa mort a été suivie par une avalanche de critiques sur les réseaux sociaux à l'encontre des responsables locaux qui ont semblé davantage chercher à étouffer l'affaire qu'à enrayer l'épidémie.

Des voyageurs dans la tourmente

Hors de Chine continentale, plus de 240 cas de cette maladie sont désormais confirmés dans une trentaine de pays et territoires. Des milliers de voyageurs et de membres d'équipage sont consignés sur deux navires de croisière en Asie.

Au Japon, le Diamond Princess est maintenu en quarantaine après la confirmation de 61 cas à son bord. Quelque 3.700 personnes y sont cloîtrées dans leur cabine. À Hong Kong, quelque 3.600 personnes subissent un sort similaire sur le World Dream, dont trois anciens passagers ont été testés positifs. Et selon un communiqué des autorités japonaises, un autre énorme bateau, le Westerdam, est en route vers le Japon avec au moins un cas de coronavirus confirmé à son bord.

Suspensions de vols prolongées

De nombreux pays musclent leurs dispositifs pour tenter d'endiguer l'épidémie.

Le Vietnam est ainsi devenu le dernier pays en date à interdire l'entrée aux voyageurs arrivant de Chine. Plus radicale, l'Arabie saoudite a prohibé les voyages sur le territoire chinois aux Saoudiens et à ses résidents étrangers, sous peine de sanctions.

L'Italie surveille la température de tous les passagers en provenance de l'étranger et l'Autriche impose de tels contrôles à l'aéroport de Vienne à ceux arrivant de Pékin.

L'Indonésie a interrompu ses liaisons aériennes avec la Chine, bloquant sur l'île de Bali des milliers de touristes chinois - auxquels les autorités chinoises proposeront vendredi des vols pour les rapatrier.

Dans ce contexte, les compagnies aériennes Air France et KLM ont annoncé la prolongation jusqu'au 15 mars de la suspension de leurs vols vers la Chine continentale. La britannique Virgin et l'espagnole Iberia ont pris des dispositions similaires concernant la desserte de Shanghaï.

Les autorités hongkongaises ont fermé la quasi-totalité des postes-frontières avec le reste du pays. Et elles imposeront à partir de samedi une quarantaine de deux semaines à tous les visiteurs en provenance de Chine continentale. Paniqués par un risque supposé de pénuries, les Hongkongais se sont rués dans les supermarchés pour constituer des stocks de papier toilette.

Alors qu'ils s'étaient dits mercredi "extrêmement inquiets", les organisateurs des jeux Olympiques de Tokyo-2020 ont assuré que l'événement se déroulerait "comme prévu".

Le taux de mortalité du nouveau coronavirus, autour de 2%, reste pour l'heure très inférieur à celui du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère) qui avait provoqué la mort de 774 personnes dans le monde en 2002-2003.

(avec AFP)