Crash A320 : stupeur après les révélations sur le copilote, qui a précipité l'avion au sol

1er avril 2015 à 12h25 par Rédaction Alouette

ALOUETTE

Le jeune copilote allemand de l'A320 de Germanwings est d�sormais soup�onn� d'avoir volontairement pr�cipit� l'appareil sur la montagne. Des r�v�lations qui ont frapp� de stupeur les familles des victimes, venues jeudi se recueillir sur les lieux du drame.

Jeudi soir, dans l'ouest de l'Allemagne, des enqu�teurs ont perquisitionn� les deux domiciles d'Andreas Lubitz, 28 ans, pr�sent� par ses proches comme un jeune homme sportif, "tr�s comp�tent", "r�vant de voler" et apparemment sans histoires.

En milieu de journ�e, le procureur de Marseille Brice Robin, qui dirige l'enqu�te depuis mardi, avait r�sum� lors d'une conf�rence de presse l'incroyable sc�nario qui a pr�c�d� le crash de l'avion dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Andreas Lubitz a refus� de rouvrir la porte du cockpit au commandant de bord, qui �tait momentan�ment all� aux toilettes, et a actionn� les commandes activant la descente de l'appareil, a d�crit M. Robin.

"Il n'avait aucune raison d'emp�cher le commandant de bord de revenir dans la cabine de pilotage", a insist� le procureur. Le copilote "a volontairement permis la chute de l'avion", a ajout� M. Robin.

Le copilote �tait "vivant" au moment de l'impact, a poursuivi le magistrat, dont les r�v�lations sont issues de l'exploitation de la premi�re bo�te noire de l'appareil.

 

- 'Inconcevable' -

 

"Rien ne permet de dire qu'il s'agit d'un attentat terroriste", a toutefois soulign� M. Robin, rappelant que le jeune homme, qui avait commenc� � travailler chez Germanwings en septembre 2013 et avait � son actif 630 heures de vol, n'�tait "pas r�pertori� comme terroriste", ce qu'ont confirm� les autorit�s allemandes.

"Cette trag�die prend une dimension totalement inconcevable", a r�agi la chanceli�re allemande Angela Merkel dans une courte d�claration � la presse: "Cela va au-del� de l'entendement". En meeting �lectoral � Tours, le Premier ministre Manuel Valls s'est dit "atterr' et "boulevers'.

Mercredi, aux c�t�s de Fran�ois Hollande et Mariano Rajoy, elle s'�tait recueillie pr�s des lieux du crash, dans les deux petits villages de montagne Le Vernet et Seyne-les-Alpes.

Les familles des victimes se sont � leur tour rendues jeudi pr�s des lieux du crash, apr�s avoir atterri � Marseille. En deux groupes distincts --familles des membres de l'�quipage d'un c�t�, familles des passagers de l'autre-- elles se sont recueillies dans les deux chapelles ardentes �rig�es dans ces deux villages.

Au total, 201 personnes --dont 33 proches des membres d'�quipage-- se sont rendues sur place jeudi, selon un porte-parole de la Lufthansa. La plupart en sont reparties peu avant 20H00 en autocar.

"C'est �vident que le fait d'apprendre en arrivant que l'accident n'en �tait pas un, mais que le crash d'avion repose sur un acte volontaire et d�lib�r� de la part du copilote (...), forc�ment, �a a �t� un s�isme pour ces familles (...). �a a ajout� un traumatisme suppl�mentaire", a comment� Pierre-Henry Brandet, le porte-parole du minist�re de l'Int�rieur.

"Nous sommes abasourdis ici � la Lufthansa, ici � Germanwings", a �galement r�agi Carsten Spohr, le patron de la Lufthansa, dont Germanwings est une filiale � bas co�t. Il n'y a pas "le moindre indice" sur les raisons qui ont pu pousser Andreas Lubitz � un tel geste, a-t-il ajout�.

Ce dernier �tait originaire de la commune de Montabaur, dans l'Etat r�gional de Rh�nanie-Palatinat (ouest), o� il vivait chez ses parents tout en ayant un appartement � D�sseldorf (ouest), base importante pour la compagnie Germanwings et destination de l'avion en provenance de Barcelone, qui s'est �cras�, selon les d�clarations de Gabriele Wieland, maire de la petite ville, � l'agence de presse allemande DPA.

 

- Mort 'instantan�e' -

 

L'autre pilote de l'A320, le commandant de bord, n'a pas �t� officiellement identifi�. Il avait travaill� pour les compagnies allemandes Condor et Lufthansa, avant d'entrer chez Germanwings en mai 2014. Il cumulait plus de 10 ans d'exp�rience au sein du groupe Lufthansa et plus de 6.000 heures de vol, pass�es pour la plupart sur des appareils de type Airbus.

"Quelles que soient les mesures de s�curit� que vous pouvez avoir dans une soci�t�, quelle que soit la rigueur des proc�dures, rien ne pourrait emp�cher un tel acte isol', a soulign� M. Spohr, lors d'une conf�rence de presse � Cologne.

Les r�v�lations sur les circonstances du crash ont n�anmoins pouss� d�s jeudi les compagnies Norwegian Air Schuttle et EasyJet � d�cider d'avoir en permanence deux personnes dans le cockpit de ses appareils. La f�d�ration allemande du secteur a�rien (BDL) a annonc� vouloir faire de m�me..

La m�me d�cision a �t� prise par le gouvernement f�d�ral du Canada pour toutes les compagnies a�riennes du pays.

La mort des passagers "a �t� instantan�e", a assur� M. Robin, qui a dit "r�fl�chir � une requalification de l'enqu�te", ouverte dans un premier temps pour "homicides involontaires".

Sur le lieu du crash, les op�rations de recherche, qui avaient repris jeudi � 07H45 pour retrouver des corps et le deuxi�me bo�te noire de l'A320, ont cess� en fin de journ�e, � la tomb�e de la nuit. Des pr�l�vements ADN ont �t� effectu�s sur certains membres des familles des victimes pour permettre l'identification des corps, a par ailleurs indiqu� M. Brandet.

L'appareil, qui reliait Barcelone � D�sseldorf avec 144 passagers et 6 membres d'�quipage � bord, s'est �cras� mardi � environ 1.500 m d'altitude, dans une zone escarp�e accessible uniquement en h�licopt�re ou apr�s une longue marche.

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(AFP)