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De nouveaux éléments sur le crash de l'avion d'Emiliano Sala

14 août 2019 à 17h05 Par Denis Le Bars
Crédit photo : Archives

Le footballeur argentin Emiliano Sala et son pilote, tous deux décédés en janvier dans le crash de leur avion, ont probablement été exposés à des niveaux "potentiellement mortels" de monoxyde de carbone, ont annoncé mercredi les enquêteurs britanniques.

"Des tests toxicologiques ont révélé que le passager présentait un niveau de saturation élevé en COHb (produit associant le monoxyde de carbone et l'hémoglobine)", a déclaré le bureau d'enquête britannique sur les accidents aériens (AAIB) dans un bulletin spécial.

Selon les tests, Sala présentait un taux de saturation en carboxyhémoglobine (COHb) de 58%. "Un niveau de COHb de 50% ou plus chez un individu par ailleurs en bonne santé est généralement considéré comme potentiellement fatal", précise l'AAIB.

"Il est considéré comme probable que le pilote aurait également été exposé au monoxyde de carbone", ajoute le communiqué.

Sala et son pilote, David Ibbotson, se sont écrasés le 21 janvier alors que l'attaquant du FC Nantes rejoignait en avion le club de Cardiff où il venait d'être transféré. Le corps du footballeur de 28 ans avait été retrouvé dans la carcasse de l'appareil, plus de deux semaines après l'accident, à 67 mètres de profondeur. Le corps du pilote n'a lui pas été retrouvé.

Selon l'AAIB, l'intoxication au monoxyde de carbone constitue un risque particulier pour le type d'avion dans lequel les deux hommes voyageaient.

"Les avions à moteurs à piston produisent de fortes concentrations de monoxyde de carbone qui sont acheminées hors de l'appareil par le système d'échappement", ont déclaré les enquêteurs. "Une mauvaise étanchéité de la cabine ou des fuites dans les systèmes de chauffage et de ventilation par les gaz d'échappement peuvent permettre à du monoxyde de carbone d'entrer dans la cabine" et dans le poste de pilotage.

L'exposition aux gaz peut endommager le cerveau et le système nerveux. Une inconscience et des crises cardiaques sont possibles avec des taux de COHb supérieurs à 50%.

"Il est clair d'après les symptômes que l'exposition au CO peut réduire ou inhiber la capacité d'un pilote à piloter un avion en fonction du niveau d'exposition", explique l'AAIB.