Don d’organe : « 4 à 5 vies peuvent être sauvées par un don »

22 juin 2020 à 6h09 par Bastien Bougeard

Ce lundi 22 juin marque la 20e édition de la journée du don d’organe. Un don qui est encore très mal connu en France et pourtant il peut sauver des vies. Un seul donneur peut venir en aide à 4 ou 5 personnes.

ALOUETTE
On compte encore 30 % de refus de don d'organe en France.
Crédit: JumpStory

Journée particulière ce 22 juin en France puisque c’est la 20e journée en faveur du don d’organe. Un don qui reste encore assez mal connu dans l’Hexagone alors que plus de 26 000 personnes étaient dans l’attente d’une greffe.

Encore 30 % de refus

« Cette journée est importante surtout pour sensibiliser le public à la question du don d’organe, car on se rend compte que les personnes connaissent mal le sujet » explique le docteur Jean-Christophe Vehnard, responsable de la coordination hospitalière des prélèvements d’organe et de tissus du CHRU de Tours. En France, la loi est plutôt claire sur le sujet : « Elle dispose que nous sommes tous donneurs, détaille le Docteur Vehnard. Si une personne veut s’y opposer, elle doit le faire en s’inscrivant sur un registre national du refus ». Or, c’est là que les praticiens rencontrent parfois des difficultés.

Une personne peut sauver 4 à 5 vies

« Quand nous expliquons que nous souhaitons éventuellement prélever un organe, certains patients se retrouvent dans l’embarras. Ils pensent pendant longtemps qu’ils ne peuvent pas être touchés par la question » explique le docteur Vehnard. Conséquence, il y a encore beaucoup de refus : « par peur de l’inconnu. En France, nous recensons encore 30 % de refus, regrette le responsable de la coordination hospitalière des prélèvements d’organes et de tissus du CHRU de Tours. C’est pour ça qu’il est important de communiquer, car une seule personne qui accepte de se faire prélever des organes peut sauver 4 à 5 vies dans certains cas ».

Une personne sauvée du Covid grâce à une greffe pulmonaire

En 2018, le CHRU de Tours, qui prend en charge des patients venant parfois de Limoges ou de Normandie, a réalisé près de 280 greffes. Il y a 15 jours, aux États-Unis, une greffe de poumons a d’ailleurs permis de sauver la vie d’une patiente atteinte du Covid-19 dont les poumons ont été détruits par le nouveau coronavirus. « Nous n’avons pas eu ce cas de figure en France », tempère le docteur Jean-Christophe Vehnard. Néanmoins, cette histoire est utile pour rappeler qu’un don d’organe peut sauver des vies.