Essai clinique près de Poitiers : des dérives sectaires constatées

24 septembre 2019 à 6h37 par Arnaud Laurenti

L'Agence du médicament a annoncé la semaine dernière avoir stoppé un "essai clinique sauvage" de grande ampleur près de Poitiers. Certaines pratiques sectaires ont été constatées par la Miviludes.

ALOUETTE
Les essais cliniques "sauvages" se sont déroulés dans une abbaye près de Poitiers.
Crédit: Archives

La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Midiludes) a confirmé lundi que certaines pratiques employées lors de "réunions" près de Poitiers s'apparentaient à des méthodes sectaires.

Des patchs miraculeux vendus 1 500 euros

La Miviludes a affirmé lundi avoir reçu "trois signalements, entre novembre 2018 et février 2019", ayant permis d'avertir les autorités concernées.

Selon ces signalements, "trois soirées, sur trois lieux différents" ont été organisées "pour des professionnels de santé" susceptibles d'avoir parmi leurs patients des personnes atteintes des maladies neurologiques concernées (Parkinson, Alzheimer, troubles du sommeil...), a déclaré Anne Josso, secrétaire générale de la Miviludes.

Pour ces patients, "des patchs circulaient sous le manteau, vendus au prix de 1.500 euros", a-t-elle affirmé.

Lors de ces soirées, l'objectif assumé était de "lever des fonds pour le financement d'un médicament en cours de développement", ce "pour le fonds Josefa", selon elle.

"On y mélangeait religieux et médical", avec un "discours scientifique" permis par "une sorte de +révélation+", a-t-elle ajouté.

Selon l'Agence du médicament (ANSM), qui a fait stopper l'essai, l'expérimentation consistait à appliquer aux patients des patchs contenant deux molécules, appelées valentonine et 6-méthoxy-harmalan, dans l'espoir de traiter ces maladies neurologiques.

Cet essai "illégal" était mené par une structure baptisée Fonds Josefa, dont le vice-président est le Pr Henri Joyeux, contesté par la communauté médicale notamment à cause de ses positions anti-vaccins.

Jeudi dernier, le Pr Joyeux a réfuté le terme d'essai clinique, évoquant une "étude scientifique préalable à un essai clinique".

(avec AFP)