GM&S: décision jeudi sur une reprise "mieux que rien", le personnel remobilisé

5 septembre 2017 à 4h54 par Rédaction Alouette

ALOUETTE
[scald=5700:full {"link":""}]

  GM&S Industry 

�pilogue probable d'un dossier industriel qui aura aiguillonn� les politiques pendant des mois, la justice rendra jeudi sa d�cision sur l'offre de reprise de l'�quipementier automobile creusois GM&S, o� 120 emplois sur 277 seraient pr�serv�s, un "mieux que rien" insuffisant pour des salari�s r�solus � des actions "fortes" d�s mardi.

Le tribunal "a mis sa d�cision en d�lib�r� au 7 septembre", a annonc� lundi Me Jean-Louis Borie aux salari�s et � la presse � l'issue d'une audience � huis clos au tribunal de commerce de Poitiers, �ni�me acte judiciaire pour GM&S, plac� en redressement judiciaire en d�cembre, liquid� en juin.

"On a assez peu de doutes sur ce qui va se passer jeudi", a ajout� Me Borie en r�f�rence � une validation de la reprise, assurant que cette �tape "n'est pas l'�pilogue". Pour lui, "seule l'action des salari�s peut faire �voluer la situation", pour am�liorer l'offre sur les emplois et l'accompagnement des licenci�s, "m�me une fois la reprise homologu�e".

D�s mardi matin, les salari�s ont pr�vu "une action nationale en r�gion parisienne", a-t-on indiqu� de source syndicale, sans plus de pr�cision.

Sur LCI lundi soir, le secr�taire d'Etat au minist�re de l'Economie Benjamin Griveaux a appel� les syndicats � ne pas bloquer des sites de PSA ou Renault comme pendant l'�t�. Les salari�s "ont toujours fait preuve d'une grande responsabilit�. Je les appelle � conserver cet esprit de responsabilit�. Ce n'est pas en bloquant des sites d'autres industries dans des territoires voisins que l'activit� reprendre � La Souterraine", a-t-il dit.

Au son de cornes de brume, une centaine de "tee-shirts bleus" de GM&S �taient venus depuis le site de "La Soute" (Creuse), � 115 km pour manifester � Poitiers. Comme lors des multiples audiences depuis le redressement judiciaire de l'�quipementier creusois, depuis sa liquidation fin juin.

Le tribunal examinait l'offre du leader fran�ais de l'emboutissage GMD (Groupe M�canique D�coupage), la seule en lice. Une offre dont la derni�re condition suspensive a �t� lev�e fin juillet par le PDG de GMD, Alain Martineau, venu alors � La Souterraine chercher "l'adh�sion" des salari�s.

Le Comit� d'entreprise de GM&S, dans un avis rendu vendredi, s'�tait bien gard� de rejeter l'offre GMD, mais avait r�affirm� sa position: offre "pas rationnelle" sur le plan industriel, "insuffisante" sur l'emploi et l'accompagnement.

"+120 emplois repris, c'est mieux que rien !+": les salari�s rejettent cette "ritournelle gouvernementale", et sont convaincus que "les lignes peuvent encore bouger" sur l'emploi, notamment via les groupes PSA et Renault (principaux clients de GM&S), pour garantir davantage d'activit�.

 

- Les licenci�s, "pas de futurs start-uppers" -

 

Face � Bercy qui consid�re s'�tre d�men� sur le dossier, les salari�s jugent que les garanties de commandes (22 millions d'euros annuels sur cinq ans) arrach�es � PSA et Renault, ne sont pas gage de p�rennit� du site. Tout juste un "quinquennat promis en chiffre d'affaires", pour acheter la "paix sociale" et permettre � "Emmanuel Macron de souffler".

Le tribunal "va nous annoncer tr�s certainement qu'il n'y a qu'un repreneur, et que c'est Martineau, que c'est lui qui reprend, et point barre", a d�clar� � Poitiers Yann Augras, d�l�gu� CGT.

"Il ne faut pas oublier qu'il y a 157 bless�s qui vont rester sur le carreau, et ces gens-l� il ne faut pas qu'ils partent avec une main devant une main derri�re", a-t-il lanc�. Les syndicats r�clament 75.000 euros d'indemnit� extra-l�gale par licenci�, et "un plan social digne de ce nom" pour un personnel � plus de 50 ans de moyenne d'�ge.

Ils savent aussi que le temps va bient�t presser, avant le d�part des lettres de licenciement. Et sur un fond d'actualit� sociale --Code du travail-- qui rend leurs voix moins audibles qu'il y a quelques mois. Quand le ministre de l'Economie Bruno Le Maire se d�pla�ait en juillet en Creuse, ou quand le nouveau chef de l'Etat rencontrait en juin des salari�s de GM&S en Haute-Vienne.

L'Etat, insiste la CGT, "ne mesure pas l'�chelle du cataclysme" de 157 emplois perdus dans un d�sert industriel --la Creuse-- dont GM&S �tait jusque l� le deuxi�me employeur priv�. "Il faut �tre honn�te, l'essentiel de ces ouvriers ne deviendront pas des start-uppers, il faut que les plus �g�s et les moins reclassables aient de quoi se retourner", admettait � l'AFP une source non syndicale proche du dossier.

Le repreneur potentiel, Alain Martineau, a quitt� le tribunal sans faire de d�clarations.

juc-pbl/arz-fka/jcc

 

 

 

(AFP)