Grève des avocats : « Nous n’avons pas fermé nos cabinets »

20 février 2020 à 5h58 par Bastien Bougeard

Depuis le 6 janvier, les avocats sont en grève partout en France pour protester contre la réforme des retraites. Pour autant, après sept semaines de débrayage, la situation financière des cabinets suscite peu d’inquiétudes chez les robes noires.

ALOUETTE
Vincent Brault-Jamin est le bâtonnier de l'ordre des avocats de Tours.
Crédit: B.Bougeard | Alouette

Happening, manifestations, audiences boycottées… Les avocats sont sous le feu des projecteurs en ce début d’année 2020. Depuis le 6 janvier, les robes noires sont en grève partout en France. Ils protestent contre la mise en place de leur régime autonome de retraite, qui de facto, ferait disparaître leur caisse autonome de retraite. Les robes noires tiennent le cap, puisque de nombreux barreaux ont voté depuis le 17 février la poursuite du mouvement pour une 7e semaine. C’est notamment le cas à Poitiers, Limoges, La Roche-sur-Yon, Châteauroux ou encore à Tours.

« Nous continuons à faire des rentrées d’argent »

Ce mouvement d’une durée exceptionnelle peut laisser supposer que les avocats rencontrent des difficultés financières, car qui dit grève, dit absence de rémunération. Vincent Brault-Jamin, Le bâtonnier de l’ordre des avocats de Tours balaie ces suppositions : « Certes nous ne plaidons pas, mais nous n’avons pas fermé nos cabinets. Nous continuons à rédiger des actes, ce qui est payant. Nous recevons encore nos clients. Nous continuons à faire des rentrées d’argent ». Les avocats refusent en fait de plaider au cours des audiences pour : « montrer à la garde des sceaux que nous sommes des auxiliaires de justice et que nous sommes indispensables au bon fonctionnement de l’appareil judiciaire ».

Pas de demande pour activer une caisse de solidarité

Les avocats de Tours pourraient d’ailleurs défiler ce 20 février à l’occasion d’une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites. « Certains confrères font tout de même des efforts financiers » concède Me Vincent Brault-Jamin. Il existe d’ailleurs des dispositifs pour soutenir les avocats qui seraient en grande difficulté financière. « Nous avons une caisse de solidarité que le bâtonnier peut activer à la demande spécifique d’un confrère. Mais après sept semaines de grève, je n’ai pas reçu de demande pour activer ce dispositif » complète Vincent Brault-Jamin. Avec cette réforme des retraites voulues par le gouvernement, le barreau de Tours pourrait perdre à terme entre 50 et 150 avocats.